II. Guichard dans son diocèse : Démêlés avec le clergé
Dans ses relations avec le clergé de son diocèse, le nouvel évêque, semble-t-il, ne se défendit pas d'un certain orgueil. Conciliant jusque là, il apparaît, dès le premier jour, autoritaire et violent, avec la hauteur et toute l'allure, insolente chez un homme d'église, d'un grand seigneur laïque.
L'abbaye de Notre-Dame-aux-Nonnains 3 jouissait d'un privilège traditionnel à l'entrée des évêques : lorsque l'évéque arrivait en pompe pour prêter à l'abbesse serment de garder les droits du couvent, et qu'il descendait de cheval, son pied à peine avait quitté rétrier que la monture était emmenée aux écuries de l'abbaye, à qui elle appartenait de plein droit. Par contre, l'évéque avait droit, ce jour-là, de prendre gîte à l'abbaye et d'emporter, tout garni, le lit où il avait couché 4
Guichard refusa de laisser prendre son cheval, comme humilié par le privilège de ces nonnes. Mais l'abbesse ne se résigna pas. Une enquête s'ensuivit par devant trois membres de l'église de
i. Sapoy-lez-Provins (ainsi appelé dans : Arch. Nat., J. 438, n° 4, dépos. de Guill. le Diablat), ou Soupoy (Cepeium), arr. de Provins, c on de Villiers- Saint-Georges, c no de Beauthéry : vieille grange de Montier-la-Celle, appelée Grange, Hostel ou Chastel de Soupoy. L'évoque y allait souvent.
2. C on de Méry-sur-Seine, arr. d'Arcis: c'était un prieuré de la dépendance de Montier-la-Celle : en 1304, un religieux tenait et gérait ce prieuré et ses dépendances au nom de l'évéque (v. p. justif., n° VII). « Eos a quibus « dictam domum tcncmus" » indique vraisemblablement l'abbaye de Montier-la-Celle.