III. Guichard à la cour du Roi
Son intimité avec la reine de Navarre et la reine de France, — qui l'avait introduit dans l'entourage royal et lui avait, lorsqu'il n'était encore qu'abbé, donné accès k la Chambre des plaids, — le plaçait maintenant parmi les premiers personnages et les plus enviés de la Cour du roi. Il était du Conseil, il siégeait au Parlement, on lui confiait certaines charges administratives.
On voitl'évêque de Troyes assister, à la Toussaint de 1298, ù la session du Parlement *. Il figure à la première place dans la liste des prélats chargés de percevoir les recettes d'un subside levé pour la guerre de Flandre 2 ; il apparaît encore comme collecteur du cinquantième 3 .
Guichard était au nombre des évêques qui furent appelés à se prononcer à Senlis sur le cas de Bernard Saisset. Sur la demande de l'archevêque de Narbonne, il opina, avec les autres, et contre le désir du roi, pour que Saisset fût reçu en la garde de l'Eglise en attendant l'avis du pape, pour qu'on lui garantît certaines libertés et qu'on lui donnât sauvegarde contre toute violence (24 octobre 1301) «.
Mais, à ce moment, Guichard était déjà en disgrâce, et l'on peut croire que c'est moins à titre personnel qu'en sa qualité de prélat qu'il fut appelé à prendre part à la délibération. La courte durée de sa faveur après son élévation à l'épiscopat ne lui permit
1. Du Tillet, Recueillies Rois de France (éd. de 1618), p. 368; Ch.-V. Langlois, Textes relatifs à Vhistoire du Parlement, p. 469.