‹ Le procès de Guichard, évêque de Troyes (1308-1313) (volume 2)Chapitre 30 sur 208 · DÉMÊLÉS AVEC LE CLERGE · texte numérisé non relu

DÉMÊLÉS AVEC LE CLERGE

Un religieux, qui tenait en son nom et gérait pour lui le prieuré de Saint-Mesmin et ses dépendances, mit la main sur les moulins et les biens appartenant au chapitre au même lieu, et Guichard le garda à son service *.

Pour refaire ses moulins de Saint-Mesmin, il avait tiré, contre tout droit, des bois de construction de la forêt d'Othe 2 .

Il cherchait à faire des profits dans son église, tirant à lui sans scrupules, sans souci des coutumes ni des droits des chanoines. Il percevait les revenus des églises vacantes contre la coutume générale du diocèse 3 ; il vendait les charges de marguilliers qui étaient à sa collation, les donnant à des personnes indignes, et une croix d'or de la valeur de 191 livres avait été perdue par leur négligence 4 . Il faisait difficulté de payer au chapitre, lors des anniversaires, aux jours et aux heures réglés, ce à quoi il était tenu 5 , et, le doyen Denis ayant fait un don à l'église, l'évêque prétendit avoir droit d'y prendre la portion canonique 6 . Il refusait encore de reconnaître que la juridiction des quatre chanoines de l'autel Notre-Dame dans la cathédrale appartenait au chapitre. Enfin il donnait des chapellenies à ses familiers sans les astreindre au service des chapelles 7 .

G' étaient là seulement les abus dont on se plaignait ouvertetement dans son église. On le savait encore simoniaque 8 , son incontinence était publique 9 , il se livrait à de criminelles violences, emprisonnant arbitrairement les gens, portant les mains sur des personnes ecclésiastiques 10 . Mais ces griefs, on n'osait les soulever, et l'on parlait bas de ces scandales : l'évêque était au comble de la fortune.

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