‹ Le procès de Guichard, évêque de Troyes (1308-1313) (volume 2)Chapitre 35 sur 208 · J. Launoi, ont. cit., p · texte numérisé non relu

J. Launoi, ont. cit., p

6. Il fut en effet trésorier de Philippe le Bel (la table de Robert Mignon, Bibl. Nat., ms. lat. 9069, p. 39, mentionne un compte rendu par lui, parmi les « compoti arreragiorum debitorum in Campania, videlicet executionis <( régime Johannae »), et la reine en mourant (1305) le fit son exécuteur testamentaire : il fut à ce titre chargé de l'institution du collège de Navarre. Il était chanoine de Chartres et doyen de Saint-Sauveur de Blois; le 5 janvier 1306, Clément V, en considération de Louis, roi de Navarre, fils aine du roi, lui conféra un canonicat dans la cathédrale de Sens dont il devint doyen (Beg. de Clément V, n°» 662, 4541). Le 18 octobre 1308, on le fit évoque de Meaux; il mourut le 4 ou le 30 décembre 1317 (Gall. christ., VIII, 1633). — Quelle fut l'origine de cette fortune qui grandit à mesure que déclinait celle de Guichard ? Le Gatlia dit que l'archidiacre naquit à Fontainebleau.

7. Noffo est un diminutif d'Arnolfo, comme Dei une contraction de Deghi. On trouve le nom diversement écrit : Noffo Dei, Noffo Deghi, Noferi Dei, Nofri Dei, souvent Noffo tout court.

8. Philippe le Bel venait d'accorder de nouvelles facilités aux Lombards pour fréquenter les foires du royaume (Arch. Nat., K, 36, n°42).

9. Ranieri Jacobi semble lui-même n'être qu'un des principaux associés do la banque des Pulci, et comme le représentant de cette maison florentine

et son patron étaient les banquiers de Cepperello Diotaiuti da Prato, — lombard comme eux, alors receveur de la baillie d'Auvergne, — et versaient pour lui au Trésor du Temple les deniers des dîmes et autres tailles qu'il percevait pour le compte du roi 1 . En 1295, Cepperello était, avec Jean de Calais, receveur des revenus du douaire de la reine de Navarre dans la baillie de Troyes *. La maison Ranieri Jacobi était-elle encore associée à Troyes aux opérations des trésoriers de la reine Blanche? Il est certain, en tout cas, que la compagnie des Pulci se trouva compromise et que Noffo Dei fut, avec Jean de Calais, et en même temps, sinon pour le même fait, emprisonné à Paris 3 . A cette heure, c'était lui et l'archidiacre qui menaient l'affaire contre Guichard 4 .

La conséquence immédiate et sans doute cherchée dune pareille accusation fut la brouille de l'évêque avec la maison de Champagne, et, par suite, son discrédit à la Cour du roi. La reine Blanche tint son favori doublement responsable, de la fraude et de la fuite du trésorier, et se rejeta sur Guichard, lui réclamant ce qu'elle exigeait de Jean de Calais 5 . De plus, « en raison de sa trahison et de sa déloyauté, et pour d'autres énormités », l'évêque fut trouvé « inhabile » et chassé du Conseil du roi 6 , à l'instigation des deux reines 7 ; et une enquête fut ouverte contre lui.

en Champagne (Reg.de Boni face VIII, n«> 2643, 20 août 1298). D'autre part, un Ranieri Jacohi était en 1288 associé de la C le Bonaventura Bernardini, de Sienne (Reg. de Nicolas IV, n°» 103-104): serait-ce le même?

1. Gesare Paoli, Document i di ser Ciappelletto (Giornale storico délia letteratura italiana, 1885, tome VI, pp. 329-69). Cf. P. Berti, Documente riguardanti il commercio dei Fiorentini in Frauda, nei secoli XIII et XIV, e singolartnente il loro concorso aile fiere di Sciampagna (Giornale storico degli archivi toscani, 1857, tome I, p. 258 : « Ex parte... Nofri Dei de societate « Henerii Jacobi » fcv. 1295).

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