Arch. Nat., J. 438, n° 4, dépos. de Perrot de la Chambre
été, comme on le prétendit plus tard, fabriquées par Guich: les véritables ennemis de l'évéque, ceux qui semblent excité l'affaire à son principe, c'étaient l'archidiacre de Ve et l'Italien Noffo Dei. D'ailleurs, si ces lettres montrent qui Dei fut de connivence avec l'archidiacre pour faire tétr Jean de Calais contre Guichard, — établissant ainsi le font le plus solide de l'accusation contre l'évéque, — d'autres gnages, en les confirmant, viennent, de plus, prouver que rentin resta jusqu'au bout le meneur obstiné du procès : i ces témoignages il ressort que c'est lui qui avait accusé l'é qui l'avait brouillé avec les gens de la reine, qui avait < l'affaire avec l'archidiacre de Vendôme 1 .
Pourquoi Noffo Dei chargea-t-il l'évéque et le poursuivit tant de passion? Les dépositions sur l'article I" de la dei série d'accusations du grand procès montrent que Guichan cha à faire témoigner pour sa défense que Noffo Dei ne accusé que pour sortir de prison '-. D'autre part, le 8 août lorsque l'affaire semblait étouffée, NoITo Dei, malade à T confessa par devant notaire que, suborné par Jean de Ca avait faussement accusé Guichard J .
Il semble qu'il y ait là une contradiction avec ce que l Calais affirmait lui-même dans ses lettres, à savoir qui témoigné sous la pression de Noffo Dei. Au moment de 1 et dans un effroi de leur conscience, les deux accusateui taient ainsi l'un sur l'autre l'initiative de leur acte 4 . Ma Noffo Dei ait été suborné par Jean de Calais ou par diacre; que Jean de Calais, ens'évadant, ait témoigné, co ou non, contre Guichard, ce qui se dégage de tous ces
t. Dépos., H, 17, Pierre de S. Nizier, Curé de Corfélix, Pier riôre, Jean Larmurier, Michel de S. Oulph.
2. Ibid., Pierre de S. Niiier, Curé de Corfélix (pièce en français) de S. Oulph.
.1. Ibid., Jean Larmurier.
4. Et peut-être disaient-ils vrai l'un et l'autre, Jean de Calais i corrompre le Florentin pour s'enfuir, — et Noffo Dei n'ayant di chanoine qu'après l'avoir contraint a déposer.
de tous ces dires, c'est que l'un et l'autre étaient les complices, plus ou moins conscients et volontaires, de l'archidiacre de Vendôme 1 ; ce qui est certain — autant qu'étrange — , c'est que l'un et l'autre sortirent de prison pour charger l'évêque, le Florentin, on ne sait trop comment, mais sans doute par le crédit de l'archidiacre, Jean de Calais par une évasion que l'archidiacre avait favorisée, sinon procurée.
La fuite de Jean de Calais, avec le procès qui s'ensuivit contre l'évêque, ne fut donc pas un simple accident, mais une combinaison, et le nœud d'une intrigue contre Guichard. Quelle est donc cette machination ? Voici l'explication qui nous paraît, sans être exempte de suppositions, la plus vraisemblable et la plus conforme aux faits.
Les ennemis de Guichard avaient contre lui d'autres griefs que la fuite de Jean de Calais, puisqu'ayant celui-ci dans leurs mains, ils lavaient laissé s'enfuir. On en voulait à l'évêque antérieurement et pour d'autres raisons, qu'on peut aisément soupçonner. Son caractère entier, l'orgueil de sa fortune soudaine, sa richesse, son ambition n'avaient pas été sans exciter à la cour de France, contre le moine champenois, l'envie, la haine et la méfiance. C'est un clerc de la reine qui apparaît, sinon comme le principal accusateur, du moins comme l'instigateur des poursuites ; qui, avec Noffo Dei, — mais avant, et au-dessus de lui, — suscita et combina l'affaire. Quels étaient les rapports de Simon Festu avec Guichard ? quel mobile l'animait à perdre l'évêque? n'étaitil que l'instrument d'un personnage plus puissant, ou faut-il penser qu'il y eut rivalité entre les deux clercs, et que la faveur de l'évêque gênait l'ambition de l'archidiacre? Autant de questions dont la solution pourrait seule éclairer toute cette histoire. A
i. Si Jean de Calais se sauva avec la connivence de l'évêque, on ne comprendrait point ce qui l'eut forcé à accuser Guichard, à moins qu'il ne fût tombé dans les mains des gens de la reine. Et si, — s'évadant à l'insu de l'évêque ou par son office, — il fut un instant entre les mains de l'archidiacre etde Xoflb Dei, s'il put, tranquillement, et sans être retenu par eux, témoigner que Guichard le faisait échapper, c'est qu'ils firent de lui leur complice par force ou qu'il l'était déjà volontairement.
peine peut-on voir que le crédit de l'archidiacre croît au moment où tombe celui de Guichard et que sa fortune succède à celle de Tévêque de Troyes *.
Il ne dut pas être difficile aux ennemis de Guichard de jeter les soupçons dans l'esprit de la reine et de la détacher de son favori. Etait-elle la princesse orgueilleuse et dure de la légende * ? Les chroniques ne nous gardent point d'elle un portrait vivant. Telle qu'on peut la deviner, c'était une femme fort dévote, portée aux œuvres pies, aux fondations charitables 3 , accessible à la pitié 4 , mais en même temps d'un caractère assez viril, aimant l'action et ne dédaignant point les obligations de son rôle royal ni les préoccupations temporelles 5 . C'était une princesse de race. Son grand-père maternel était ce Robert d'Artois, frère de saint Louis, dont la folle ardeur à La Mansourah avait causé sa mort et la perte de l'armée. Son père, Henri le Gras, était mort, jeune encore, d'une attaque d'apoplexie. Sa mère aussi avait été d'une santé trop pleine. Elle devait tenir d'eux un sang fort et de la vivacité d'humeur; comme sa mère, en tout cas, il semble qu'elle