V. plus haut, p
2. On la montre dépitée d'avoir vu à Gand et à Bruges le luxe des bourgeoises flamandes ; mais les chroniques ne laissent pas trace de ce fait.
3. Arch. Nat., K, 36, n° 22. La plus connue de ses fondations est celle du collège de Navarre qu'elle institua par testament à Vincennes, peu do jours avant sa mort (25 mars 1305), et auquel on affecta d'abord l'hôtel de Navarre récemment restauré, près la porte Saint-Germain-des-Prés. Mais Gilles, abbé de S. Denis, et Simon Festu vendirent bientôt la maison de Navarre et firent construire le collège sur la montagne, dès 1309 (J. Launoi, Regii Navarrœ gymnasii Paris, hisloria).
4. La chronique anonyme dite Ane. Chron. de Flandre (Histor. de Fr. y XXII, 370) rapporte qu'elle regarda en pitié le comte de Flandre, Gui de Dampierre, et ses enfants, lorsqu'ils entrèrent à Paris pour se livrer au roi (1300).
5. En 1297, elle alla elle-même repousser le comte de Bar qui avait envahi la Champagne, son héritage, puis s'en alla rejoindre le roi qui assiégeait Lille : elle y fit avec lui son entrée (Chron. attrib. à Jean Desnouelles, ibid., XXI, 184-88). En 1300 elle suivit encore le roi en Flandre, en 1303 à Toulouse. Au sujet de la guerre de Flandre, elle se montra personnellement très animée : « Flandrensibus multum fuerat inconsilio nociva et « inimica. » (Funck-Brentano, .4 finales Gandenses, p. 86).
ta
11' tt :
eût le souci de ses intérêts, l'âpreté dans la rancune, et Ton sent dans l'animosité de sa poursuite contre son ancien favori un orgueil froissé, non moins que des intérêts lésés. Guichard l'avaitil lassée par son ambition ? L'autorité de ce parvenu qui l'avait connue toute petite, grandi par elle, lui pesait-elle, aujourd'hui qu'elle était femme et reine ? Elle se retourna soudainement et tout entière contre lui.
Soit par ses propres moyens, soit qu'il eût corrompu Guichard, soit enfin qu'il eût été lui-même suborné par l'archidiacre, Jean de Calais s'échappa. Les soupçons s'éveillaient d'eux-mêmes, autorisés par la cupidité de l'évêque, peut-être par ses relations antérieures avec le chanoine de Saint-Etienne. Deux preuves vinrent les confirmer et fonder l'accusation : Noffo Dei, qui avait été incarcéré à Paris avec Jean de Calais, mis en liberté, accusa l'évêque; Jean de Calais lui-même, soit qu'il fût de connivence avec l'archidiacre, soit qu'on l'eût saisi dans sa fuite, témoigna contre Guichard avant de gagner l'Italie. Le résultat fut celui qu'on attendait : l'exaspération des deux femmes, la disgrâce du favori, et, sur la dénonciation de Noffo Dei, les poursuites. Le Florentin fut associé, — sans doute comme le témoin le plus accablant, — au procès dirigé par l'archidiacre : il en fut bientôt, par peur et par intérêt 1 , le principal et le plus acharné meneur.
\ . La peine du talion punissait en effet les accusations calomnieuses, et l'accusateur pouvait trouver au bout du procès sa propre condamnation s'il n'emportait pas celle de l'accusé.