LA TRÊVE : GUICHARD DANS SON DIOCÈSE
Cependant, rabaissé et humilié, forcé de vivre dans son diocèse, Tévêque, au cours de cette longue affaire, s'était fait moins arrogant, moins violent et plus souple dans ses rapports avec le clergé qui l'entourait : il avait réglé, peu à peu, par des concessions et des accords, avec un esprit de conciliation dont il n'était pas coutumier, les questions pendantes entre lui, les couvents et les églises.
En octobre 1302, il renonça au droit qu'il prétendait avoir de prendre la portion canonique dans le legs fait à l'église cathédrale par le doyen Denis de Chamguyon, et reconnut que le chapitre seul avait droit de jouir des dons faits à l'église ! .
Peu après, il reconnut son tort vis-à-vis de l'abbaye de Notre- Dame aux Nonnains. Le 5 mars 1303, Jacques de Bàçon, archidiacre d'Arcis 2 , fit amener chez les nonnes, par un palefrenier, un. cheval de poil gris, et, ayant fait demander Tabbesse, Isabeau de Saint-Phal 3 , déclara que Tévèque reconnaissait le droit de l'abbaye sur le cheval qu'il avait monté à l'entrée, et remettait en remplacement aux nonnains celui qu'on avait amené '*.
t. Arch. départ. Aube, G. 2545, fol. 13 (analyse du xvni c siècle); — Lalore, Cartul. de S. Pierre, p. 213 (n° 227), d'ap. Cartul., fol. 72 v<>.
2. Jacques de Bâçon (de Baasson), chanoine de Troyes (18 janvier 1291) : Lalore, Cartul. de Montiêramey, p. 383 ; (1293) : Arch. départ. Aube, G. 3242 ; — archidiacre d'Arcis, il fait une donation à Guichard qui l'a obligé (18 nov. 1303), v. p. justif., n° VIII; — archidiacre de Sézanne (15 mai 1304), v. p. justif., n° VI ; 18 juillet (n° IX) ; il figura parmi les témoins du grand procès.
3. Isabeau de Saint-Phal, morte le 31 mars 1314 (Call. christ., XII, 507) ou 1311 (Lalore, Docum. sur l abbaye de Notre-Dame aux Xonnains, p. 322).