GUICIIARD, PRIEUR DE SAIM-AYOUL DE PROVINS
IL GuicharcI, prieur de Saint-Ayoïil de Provins.
Dès 12731, Giiichard était prieur de Saint-Ayoul de Provins, qui dépendait de Montier-la-Celle. Comment fut-il distingué entre les autres moines, on ne le sait ; mais, lorsqu'il fut nommé, Guichard était déjà cellerier du prieuré -, ou prieur de Sainte- Croix de Provins 3. A l'élévation de son prédécesseur, Reg-naud Buretel, au prieuré de Saint-Ayoul, il aurait protesté auprès de l'abbé de Montier-la-Celle, Félix, qui lui aurait promis la charge à la prochaine vacance, le trouvant encore trop jeune 4. Regnaud étant mort au bout de trois semaines, Guichard le remplaça. On lui fit un grief de son élévation rapide, et le bruit courut qu'il avait empoisonné son prédécesseur 5 : il faisait déjà des envieux 6,
Le prieuré de Saint-Ayoul de Provins était, par sa situation, le plus important de la dépendance de Montier-la-Celle. Au siècle précédent, il avait eu l'honneur d'accueiUir Abélard, réfugié à Provins, et c'est là, sans doute, que, suivi par les élèves de son école parisienne, le jeune maître avait professé"?. A sa situation
\ . La date de son élévation n'est point certaine : nous la donnons telle qu'elle paraît résulter des témoignages de l'art. 2 de la deuxième série d'accusations du procès. L'abbé Ythier {liist. ecclés.cle Provins, t. V, p. 78) rapporte qu'« en 1273, au mois de juillet, Fr. Guichard, priex de Saint-Ayoul, « est nommé dans un titre où il vend à Renier Accorre quelques rentes sur « maisons, fouleries et chambres scizes à Provins » ; il croit à tort que Guichard succéda à Jean de S. Phal. Son prédécesseur direct fut Regnaud Buretel, qui d'ailleurs ne fut prieur que trois semaines. Or Jean de S. Phal était encore prieur en 1271 (abbé Ythier, t. VII, p. 338, d'ap. une charte de Renier Accorre). Guichard devint donc prieur entre 1271 et juillet 1273.