‹ Le procès de Guichard, évêque de Troyes (1308-1313)Chapitre 165 sur 267 · Giacopo Aringi · texte numérisé non relu

Giacopo Aringi

LES DÉPOSITIONS

Michelet, d aller à Lyon, trouver deux cardinaux, Jean Lemoine et un Espagnol, et leur déclarer ce qu'ils avaient dit à l'archevêque de Sens : Jean de Hancy refusa, et lui répondit que ce qu'il voulait lui faire dire aux cardinaux était faux. Deux jours après, il quitta définitivement la maison de l'évéque, n'ayant d'ailleurs reçu de lui, à son dire, que cent sous tournois de monnaie courante ^

Cependant, l'intrigue réussissait auprès de quelques témoins et l'évéque parvenait à enregistrer un certain nombre de rétractations. Des témoins qui l'avaient abandonné quand ses menées avaient été découvertes, revenaient à lui ; Pierre Barrière, Francesco Ferratoni, vinrent trouver frère Jean de l'Isle à la maison des frères Prêcheurs de Paris, et lui dirent, connaissant ses relations avec Guichard, qu'ils savaient bien qu'on avait fait un procès injuste à l'évéque de Troyes , et qu'ils l'aideraient à mener l'affaire, mais que Févêque avait son argent « moins cher » qu'avant : ils demandèrent à frère Jean d'en parler à l'évéque. Il le fit. Deux mois après, Francesco Ferratoni vint à Saint-Lyé, et, s'agenouillant devant Guichard, lui dit : — « Messire, je vous prie « de me pardonner d'avoir mal agi contre vous. » Et l'évéque lui dit : — « Comment pourrais-je te pardonner ce que tu as (( fait de si mal contre moi ? » Francesco lui expliqua les motifs qui l'avaient fait agir. Pierre Barrière vint au même moment : ils accompagnèrent l'évéque à Troyes et y restèrent un ou deux jours. Quand ils partirent, Guichard leur fit donner dix livres tournois pour leurs frais de voyage

Quelque temps après, le 24 ou le 25 janvier 1305 3, sur l'ordre de l'évéque, un tabellion, Jean Larmurier, se rendit au couvent des frères Prêcheurs de Troyes : là, Francesco i^erra^o/if jura qu'il avait porté faux témoignage contre l'évéque et en fit rédiger un instrument pour Guichard*. Pendant quinze jours, il resta à Saint-Lyé , mangeant à la table de l'évéque ^ . Au mois

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