‹ Le procès de Guichard, évêque de Troyes (1308-1313)Chapitre 182 sur 267 · Angelo Bartholomei, Guill. Pastourel · texte numérisé non relu

Angelo Bartholomei, Guill. Pastourel

DEUXIÈME SÉRIE : ARTICLE XXII

Trois jours après, vers l'heure de vêpres, ce même Lombard le vit qui rentrait : il était allé à Troyes en un jour, il avait vu l'évêque qui lui avait donné cent sous et de l'étoffe de quoi se faire un habit ^ ; l'évêque s'était fort réjoui de la nouvelle ~.

Il semblait qu'il l'attendît sûrement. Le jour même de la mort de la reine, déjeunant à Aix, il aurait dit : — « Aujourd'hui (( mourra la plus grande et la plus riche dame du royaume de (( France » Quand le messager arriva, l'évêque était à table, à Aix, avec Guillaume Pastourel et Manessier, son chapelain^. — « Quelles nouvelles de la reine?demanda-t-il. — 'Elle est morte ! » répondit le valet La joie éclata sur sa figure °. Pourtant, il aurait essayé de se contenir, et après un intervalle, il aurait dit : — « Beaucoup pourraient croire que j'en suis heureux, mais j'en (( suis fâché, car je sais que j'aurai pire que je n'aurais eu si elle {( avait vécu^. » Mais, le lendemain ou le jour même s, il s'épancha : — « A présent, cela me fait une ennemie de moins et (( j'aurai ma paix avec le roi plus tôt que je ne l'aurais eue Je « savais bien qu'elle ne pouvait pas durer longtemps i', que je ne « tarderais pas à être vengé d'elle 12 ! » Il aurait été jusqu'à dire, tout joyeux, à ses familiers : — « Voilà une bonne nouvelle, fai-

Page 1