‹ Le procès de Guichard, évêque de Troyes (1308-1313)Chapitre 195 sur 267 · TROISIÈME SÉRIE : ARTICLE III · texte numérisé non relu

TROISIÈME SÉRIE : ARTICLE III

(( te tourmente pas : tu seras encore plus grand seigneur que tu « ne l'as jamais été ! » Et comme on n'entendait plus rien, Lorin frappa à la porte et l'évêque ouvrit : il n'y avait personne avec lui dans la chambre. Lorin pensa que la voix qui avait répondu était celle du diable.

D'ailleurs il avait demandé au valet du juif ce que son maître venait faire si souvent, et le valet lui avait répondu que son maître ferait que Guichard eût sa paix avec la reine : car il avait à la cour du roi un bon ami, à qui il avait parlé de l'affaire de l'évêque ; et par cet ami, il procurerait aussi que le comte de Flandre, que le roi tenait en prison, fût délivré K

IIP ARTICLE

Quil a ordonné prêtre un bigame (31 témoins)

Il y avait dix ou quinze ans de cela, Pierre de Saint-Nizier avait amené sa femme devant l'official de Troyes pour plaider en séparation, disant qu'elle avait péché par fornication contre la loi du mariage; que, dans sa propre maison, et dans un endroit qui donnait à soupçonner qu'ils avaient eu commerce ensemble, il avait trouvé avec elle Odard de Trèmes, notaire en l'officialité de Troyes ; il apportait, en preuve de l'adultère, le capuchon et la ceinture de l'amant, qu'il avait trouvés sur sa femme ~. D'ailleurs, elle avoua ; et, peu après, l'official ayant prononcé la séparation quoad thorum^ Pierre la mit à la porte 3. Un mois après, il la reprit : on la vit réconciliée avec lui, demeurant, comme sa femme, dans la même maison, mangeant et couchant avec lui : il en eut même un fils ou une fille. II

1. Lorin. — En 1300, Gui, comte de Flandre, avec ses deux fils aînés et &es principaux barons s'était remis aux mains de Charles de Valois, qui les avait envoyés à Paris où ils furent emprisonnés.

2. Jean Patriarche, Jean d'Orléans, Jean de Syre, Félix, clerc du registre.

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