Voy. p
3. Jean de S. Victor [ibid., XXI, 644). « ... per papam translatus est ad « aliam sedem ad instantiam Enjorenni. » Enguerrand passait pour très puissant auprès du pape, si l'on en croit Gefïroi de Paris, et Clément V l'avait comblé de faveurs :
Arcevesques, évesques fist Qui po avoient de science, Car il avait en s'ordenance Roys et royaus et apostoille, etc.
[Ibid., XXII, 143).
Et plus loin, XXII, 150 :
Ce fu cil qui fist cardonnaus, Et si le pape tint en ses las Que de petitz clercs fist prélas.
Cf. Reg. de Clément V, passim, et partie, à l'année 1309, les nombreuses faveurs accordées par le pape à Enguerrand et aux siens (n<>« 4537 et suiv.) Cf. encore aux années 1312-1313.
4. Jean d'Auxois, chantre d'Orléans, chanoine d'Autun et d'Auxerre {Gall. christ., XII, 510; Reg. de Clément F.n» 2851), avait été en 1308 élu, concurremment avec Pierre de Grès, évêque d'Auxerre ; mais Clément V avait cassé l'élection. C'était un clerc du roi et sa nomination à l'évêché de Troyes fut faite cette fois par provision pontificale (14 mars 1314). Voy. la suite.
DERNIÈRES ANNÉES DE l'ÉVÊQUE
de l'évêque en 4303 i, et qui l'avait chargé au cours du premier procès qui devait, dans le second, prouver que Guichard était parjure 3, — lui fût hostile ^. La situation du nouvel évêché où on voulut l'envoyer, la répugnance de l'évêque pour son nouveau siège prouverait en faveur de cette opinion.
Guichard fut en effet transféré au siège de Diakovar, en Bosnie, presque aux confins de la chrétienté, en pays slave, à moitié barbare ^. La nomination fut faite entre le 23 janvier 1314, date à laquelle Clément V accepte la résignation de son prédécesseur en Bosnie — et le 14 mars 1314, date à laquelle le pape nomme par provision Jean d'Auxois au siège de Troyes, vacant par la translation de Guichard à l'église de Bosnie ^.
2. Dép. II, 26. Frère Durand. Enguerrand avait dit à la reine que Guichard s'était concerté avec un juif pour qu'un diable lui apparût.
3. On comptait sur lui pour le prouver, J. 438, n" 5, art. VII. En 1308, il avait entre ses mains l'enquête faite sur le meurtre du curé de Laubressel (J. 438, n" 4. Pierre de Villy).
4. J. Launoi {Regii Nava/^rae gymnasii Paris, histoj'ia, p. 14) va même jusqu'à penser, sur cette simple apparence, que ce fut Enguerrand qui suscita le procès de Guichard : « Ad me quod attinet, ego vehementer susce picor Marinium odisse Trecensem episcopum .et tali usum esse artificio « ut acceptam ab eo injuriam ulcisceretur... » Nous pouvons croire du moins qu'Enguerrand fut un des ennemis de Guichard.
5. Le pays était alors couvert de forêts, les hommes encore à moitié sauvages (Schmidt, Histoire et doctrine de la secte des Cathares ou Albigeois, I, p. 104 et suiv).
6. Beg. de Clément V, n° 10192. « Dilecto filio fratri Gregorio, ordinis
Heremitarum Sancti Augustini, olim episcopo Boznensi seu de Diaco
Dat. Montiliis, Carpentoratensis diocesis, X kal. februarii anno nono. »
7. Ibid., n° 10302 (Reg. Vatican, 61, fol. 63 v°, n» 205) : « ... Nuper siqui- « dem Trecensis ecclesia per translationem venerabilis fratris nostri Gui- « chardi, Bosnensis, olim Trecensis episcopi, per nos factam ad ecclesiam (( Bosnensein, tune vacantem, pastoris solatio destituta, nos ad provisionem <( ejusdem Trecensis ecclesie, — cum de ipsius ordinatione nuUus prêter « nos se intromittere potuerit, pro eo quod nos... provisiones omnium « ecclesiarum cathedralium tune apud apostolicam sedem vacantium... dis- « positioni nostre ac sedis ejusdem specialiter reservantes... » Cf. Gams, Séries episcoporum, p. 368 : « Bosnia (Diaco var, de Diaco ) : circiter 1314. « Guiscardus. » Gams semble ignorer que ce « Guiscardus » soit le même que Guichard, évêque de Troyes. Personne d'ailleurs jusqu'ici n'avait su ce
DERNIÈRES ANNÉES DE l'ÉVÊQUE
L'église de Bosnie, qui avait pour siège Diakovar, était suffragante de l'archevêché de Golocza \ et dans la dépendance du royaume de Hongrie ; mais la Bosnie était en quelque sorte indépendante avec des « bans » ou chefs militaires à sa tête ~ : elle n'en était que plus troublée, et la situation des chrétiens dans ce pays était au moins précaire. Une lettre de Jean XXII au roi de Hongrie montre qu'il n'y avait guère alors de sécurité dans ce royaume pour les églises et le clergé 3. Le pays était à peine chrétien. Le même pape, écrivant le 18 juillet 1319 à Mladin, ban de Croatie et de Bosnie ^, pour qu'il réprimât les hérétiques de Bosnie, disait^: « Nous n'avons pas sans grande douleur appris
qu'était devenu Guichard à la suite de son procès. Jean de S. Victor dit seulement qu'on le transféra sur un autre siège, et les historiens troyens rapportaient, sans doute par une fausse interprétation du texte du Gallia, qu'il était mort et qu'il avait été enterré dans la ville de Bône ou de Beaune. Guichard ne fut d'ailleurs pas enterré en Bosnie, s'il y mourut. Voy. p. 234.
La nomination de Jean d'Auxois au siège de Troyes « par provision » montre que Guichard se trouvait à la cour pontificale quand la vacance fut déclarée.
1. Theiner, Vetera monum. historica Hungariam sacram illustrantia, I, 451 (no DCLXXXVlll). — Diakovar est aujourd'hui une petite ville entre Drave et Save, à une cinquantaine de kilomètres du confluent de la Drave et du Danube, à 40 kilomètres environ d'Eszek (Osjek).