CONCLUSION
LE PROCÈS DE GUICHARD ET l'oPINION
Le procès de Guichard de Troves n'avait pas seulement préoccupé la cour, le roi et le souverain pontife : le retentissement en avait été profond jusque dans le peuple. Ce retour inouï de fortune, un riche évêque, l'ancien favori de deux reines, l'un des conseillers du roi, que l'on voyait aujourd'hui haï, chargé par tous; l'étrangeté du crime, l'éclat de l'arrestation, la dureté et l'injustice de la prison, cette accusation publique en assemblée devant la foule des clercs et du peuple, en plein Paris, tout ce scandale et ce mystère avaient ému l'opinion, curieuse de ces bruits, déjà excitée et mise en goût par d'autres scandales, et que passionnaient « ces grands et terribles procès, ces crimes affreux et étranges punis dignement par de grands supplices \ »
Toutefois, du procès de Guichard, les contemporains ne connurent guère que le bruit. Il leur parut que l'évêque avait été la victime de certaines gens qui lui voulaient du mal {quidam malivoli) -, et qui avaient machiné contre lui ces accusations multiples et monstrueuses.
Les faits sont simplement rapportés et répétés par une partie des chroniques. Le crime reproché à l'évêque était vaguement connu du populaire : on disait que l'évêque avait fait mourir la