‹ Le procès de Guichard, évêque de Troyes (1308-1313)Chapitre 225 sur 267 · Denis de Chamguyon · texte numérisé non relu

Denis de Chamguyon

LE PROCÈS DE GUICHARD ET l'oPINION

Pour ce qu'il est ses congnoissans

Et qu'en Ghampaig-ne fu naissans.

Certes moult grant honneur lui vint

Quant [de] moisne evesque devint.

Tousjours bonheur y lui courut ^

Jusques la royne morut,

Jhenne de France couronnée

Et qui fu de Champaigne née,

Femme du roy Phihpe le Bel.

De sa mort ne fu pas revel

Quant honneur deust Champaigne avoir

Quant elle pardi ung tel hoir.

Champegnoise et Ghampaigne ama.

Maie semence cil sema

Qui celle dame a la mort mist,

Gar pour vray^ se elle vesquist,

Bourguignons pour riens ne fesissent,

En Ghampaigne riens ne tenissent,

Ne point n'y oseroient acquerre

Ghateau, seigneurie ne terre

Jusqu'à ce jour qu'elle morut

Bonheur sur cellui ^ courut :

Lui morte, ceulx qui le hairent

De lui grande malichon dirent,

Sur lui mirent moult d'acoisons,

Murdres, bougueries, poisons,

Qu'il n'avoit point esté filz d'home, fo QO

Pluseurs dolleurs que je ne nomme.

Qui plus controuver en pooit Cil plus volentiers en ooit ^.

i. Tout ce passage est encore supprimé dans Tarbé, jusqu'à :

Sur lui mirent moult d'acoisons.

2 Ceci montre assez combien l'influence de la reine était restée jurande en Champagne même après la réunion à la couronne.

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