‹ Le procès de Guichard, évêque de Troyes (1308-1313)Chapitre 25 sur 267 · Renard contrefait · texte numérisé non relu

Renard contrefait

4. Du Tillet, Recueil des rois de France, p. 368 (éd. de 1618), signale la présence de l'évèque élu de Troycs au parlement de 1298. Cf. Ch.-V. Langlois. Textes relatifs à Vhistoire du Parlement, p. 169. Il n'y eut en 1298 qu'un parlement, à la Toussaint (Langlois, ihid., p. 233).

5. Le 6 avril 1299, le pape autorisait Henri, prieur de la ColIe-sous-Chantemerle, et Jean de Mousscy, recteur de l'église de Somsois, — envoyés à Rome « pro expeditioae negotii electionis scu postulationis de dilecto filio « fratre Guizardo..., in ecclesia Trecensi carenti pastore, celebrate », à con-

SA NOMliNATïOlN ET SA S1TUATI0^' EN CIIAMPAGISE

titres », dit que Guichard ne fut intronisé et consacré qu'au mois de mai 1299 et qu'il garda encore deux ou trois ans son abbaye K Les comptes de régale de l'évêché de Troyes à ce moment comprennent en effet (( quarante et une semaines et trois jours, du dimanche 27 juillet 1298 au vendredi 22 mai 1299 2 ,,. Nous n'avons pas retrouvé les pièces qui permettent à Courtalon d'affirmer que le nouvel évêque garda quelque temps encore son abbaye : toutefois, d'autres comptes de régale sembleraient prouver qu'il ne jouissait pas dans le courant des années 1299, 1300 et 1301 des revenus de son évêché, ou du moins de leur totalité Y eut-il un accord entre l'évêque et la reine, par lequel le favori partageait avec sa protectrice la jouissance de l'important bénéfice qu'elle venait de lui procurer, et conservait, en compensation, une partie de ses droits et revenus abbatiaux ? Il est certain en tout cas que, l'année même de son élévation à l'épiscopat, l'abbaye de Montier-la-Celle et le prieuré de Saint-Ayoul, d'un commun accord, avec le consentement du nouvel abbé, Henri 4. abandonnèrent à Guichard, par une grâce sans doute toute spéciale, certaines terres et possessions de la dépendance des deux couvents dont l'évêque devait jouir à vie, dans quelque état qu'il dût se trouver par la suite 5. Cette faveur, qui laissait Guichard, déjà

tracter un emprunt, à cause des grandes dépenses qu'il leur fallait faire à ce propos (iîegris^re de Boniface VIII, 2961, 2966) : ils empruntèrent 4.000 florins d'or à la société des Spini, dite de l'Épine, de Florence.

1. Courtalon, Topog. historiq. de la ville et du diocèse de Troyes, I, 365.

2. Bibl. Nat., ms. lat. 9069 (Table de Robert Mignon), p. 95 (p. justif., n» V). Cf. Gall. christ., Xll, 509.

3. Bibl. Nat., ms. lat. 9783 (Journal du trésor de Philippe le Bel). Le compte du 23 octobre 1298 (fol. 17 v") montant à 512 liv. tournois est de l'époque où le siège était encore vacant. Mais on trouve encore sous la rubrique : « De regalibus Trecensibus » des comptes : du 13 décembre 1299 (120 l.t.), fol. 108; du 21 février 1300 (1101. 14 s. t.), fol. 10; du 2 août 1301 (40 1. par.), fol. 50 v°; du 16 août 1301 (20 1. t.), fol. 51.

4. Henri ou Horri (Horricus), appelé encore Hulricus dans les dépositions, mort le 4 décembre 1319 [Gall. christ., XII, 546).

5. Registre de Boniface VIII, n" 3318 : « 'Venerabili fratri G. episcopo <( Trecensi... Exhibita siquidem nobis tua petitio continebat quod, cum lu

GUICHARD, ÉVÊQIJE DE TUOYES

possesseur d'une riche mense épiscopale, usufruitier d'une partie des biens d'une abbaye opulente et d'un important prieuré, fut confirmée par le pape le 3 décembre 1299 ^ : et i'évêque de Troyes obtint ainsi dans son diocèse et dans la Champag-ne méridionale une situation considérable et toute particulière. A sa haute dignité de prélat il allait joindre par là toute la considération attachée à un grand seigneur, dont il avait déjà le rôle-, et dont il allait pouvoir tenir le rang avec plus d'éclat qu'aucun des évêques ses prédécesseurs, car aux chàtellenies d'Aix-en-Othe et de Saint-Lyé, qui lui venaient de sa mense 3, le don qu'on venait de lui faire ajoutait le domaine de Verdey ^, et, sans doute,

« olim existens abbas monasterii Celle Trecensis... in episcopum Trecen- « sem esses eleclus, dilecti filii... prior claustralis et conventus ejusdem (( monasterii ac... prior priera tus Sancti Aygulfi de Pruvino eidem monas- M terio immédiate subjecti... tibi quasdam terras et possessiones, ad (( monasterium et prioratum predictos spectantes, tenendas et possidendas « per te, tune abbatem, donec viveres, in quocunque statu te esse continge- « ret, concesserunt. Postmodum autem dilectus filius H., ejusdem monas- « terii abbas, quod per eosdem priorem et conventum actum fuerat (( approbans, ipsas easdem terras tibi, quoad vixeris, concessit... » (Au Latran, 3 déc. 1299). La donation des deux couvents est du i"'' décembre 1298, la ratification de Henri, abbé de Montier-la-Celle, du 14 septembre

1. Voy. encore (Beg. de Boniface VIII, n°^ 3319, 3320) deux autres bulles du pape en faveur du nouvel évêque.

2. Les évêques de Troyes se prétendaient pairs aux comtes, et ne se reconnaissaient pas inférieurs aux comtes de Champagne.

3. Aix-en-Othe, à 5 lieues 1/2 de Troyes (ouest), avait un château épiscopal; la seigneurie en avait été confirmée aux évêques par les papes et les rois. Voy. Courtalon, ouv. cit., 111,4.

Saint-Lyé [Sanctus Léo) : Louis Vil en avait fait I'évêque seigneur; dans le château, Louis X se maria en 1313 avec Clémence de Hongrie (Courtalon, m, 63). Voy. Bibl. Nat., coll. de Champagne, vol. 151 (Troyes, n» 37): Charte de Guichard donnée à Saint-Lyé « donium nostram episcopalem », où le domaine de Saint-Lyé est dit appartenir à I'évêque (( ratione mense epi- (( scopalis ». Saint-Lyé est à environ deux lieues au nord de Troyes. L'évêque y résidait souvent. (Voy. les dépositions.)

4. C'est ce qui résulte d'un acte de 1313 (v. p. justif., n» XXII) où I'évêque parle de « sa terre de Verdcy ».

DÉMÊLÉS AVEC LE CLERGÉ It

celui de Sapoy-lez-Provins i, le prieuré de Saint-Mesmin 2 et ses dépendances.

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