‹ Le procès de Guichard, évêque de Troyes (1308-1313)Chapitre 26 sur 267 · II. Guichard dans son diocèse : Démêlés avec le clergé · texte numérisé non relu

II. Guichard dans son diocèse : Démêlés avec le clergé

Dans ses relations avec le clergé de son diocèse, le nouvel évêque, semble-t-il, ne se défendit pas d'un certain orgueil. Conciliant jusque là, il apparaît, dès le premier jour, autoritaire et violent, avec la hauteur et toute l'allure, insolente chez un homme d'ég-lise, d'un grand seigneur laïque.

L'abbaye de Notre-Dame-aux-Nonnains jouissait d'un privilège traditionnel à l'entrée des évêques : lorsque l'évêque arrivait en pompe pour prêter à l'abbesse serment de garder les droits du couvent, et qu'il descendait de cheval, son pied à peine avait quitté l'étrier que la monture était emmenée aux écuries de l'abbaye, à qui elle appartenait de plein droit. Par contre, l'évêque avait droit, ce jour-là, de prendre gîte à l'abbaye et d'emporter, tout garni, le lit où il avait couché 4,

Guichard refusa de laisser prendre son cheval, comme humilié par le privilège de ces nonnes. Mais l'abbesse ne se résigna pas. Une enquête s'ensuivit par devant trois membres de l'église de

1. Sapoy-lez-Provins (ainsi appelé dans : Arcli. Nat., J. 438, n" 4, dépos. de Guill. le Diablat), ou Soupoy (Cepeium), arr. de Provins, 0°° de Villiers- Saint-Georges, c^" de Beauthéry : vieille grange de Montier-la-Celle, appelée Grange, Ilostel ou Chastel de Soupoy. L'évêque y allait souvent. '

2. Co" de Méry-sur-Seine, arr. d'Arcis : c'était un prieuré de la dépendance de Montier-la-Celle : en 1304, un religieux tenait et gérait ce prieuré et ses dépendances au nom de l'évêque (v. p. justif., n« VII). « Eos a quibus « dictamdomum tenemus » indique vraisemblablement Tabbave de Montier-la-Celle.

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