CHAPITRE I
LA DÉNONCIATION ET LE MANDEMENT d'eNQUÊTE (février-août 1308)
Vers le mois de février 1308 était venu k Sens un ermite, nommé Regnaud de Langres, qui habitait l'ermitage de Saint- Flavit de Villemaur i, au diocèse de Troyes. Secrètement, il avoua à un prêtre en confession - qu'il avait été témoin à l'ermitag:e de scènes étranges et mystérieuses : vers le temps où la reine était morte, il avait vu l'évêque de Troyes, déguisé en paysan, occupé la nuit, avec une sorcière du pays, à des pratiques de sorcellerie; et, par la suite, l'évêque avait voulu le forcer à donner du poison à Monseigneur Charles, comte d'Anjou, frère du roi, au jeune roi de Navarre et aux autres enfants du roi 3. Mais il avait réussi à s'enfuir
Le prêtre qui l'avait reçu en confession engagea l'ermite à ne point retourner auprès de l'évêque Mais celui-ci, sans doute
1. Dans le bois de Coudroy, c-» et co^ de Marcilly-le-llayer, près de la ferme de Chanteloup (v. Cassini) ; aujourd'hui détruit.
2. Arch. Nat., J. 438, n° 8, art. XXII, — et, l^^^ série d'accusations, art.
^Y^II s'agit de Charles de Valois, de Louis le Hutin, Philippe le Long et Charles le Bel,
4. L'ermite dans sa déposition ne précise pas la date de sa fuite, mais elle se rapporte à la première quinzaine de février, et sans doute à la semaine qui suivit la Purification, 2 février (Dépos., I, Regnaud de Langres).