Arch. Nat., J. 438, n" 8, art. XXII
LA DÉNOMnATIOA' ET LK MANDEMENT d'eNOUÊTE
inquiet, réclama le fug-itif à lofficial de la cour archiépiscopale i : lofficial, flairant une affaire suspecte, refusa 2. Pendant ce temps, l'ermite, effrayé du sort qui l'attendait, prenait conseil et se décidait H tout révéler aux gens du roi, « les requérant d'y apporter le remède qu'ils pourraient 3. » Le bailli de Sens, Guillaume de flang-est ^ comme officier royal, avant d'en référer, informa sur les faits, « pour ne point diffamer l'évéque sans raison K » Quand il eut fait une pleine enquête, « le devoir de son office, l'amour de Dieu et le zèle de la foi catholique, menacée par de pareilles idolâtries », lui firent aller trouver le roi, à qui il exposa
tout 6.
La chose était grave : il s'ag-issait de la reine de France, du frère et des enfants du roi; d'autre part, on allait mettre en cause un prélat d'un rang considérable, ayant eu crédita la cour : il fallait émouvoir un grand scandale.
Ce qui se passa jusqu'au mois d'août, on ne le sait pas exactement. Un autre scandale, plus grave encore, emplissait alors la chrétienté, intrigue monstrueuse et tragique où le roi employait toute la force et l'activité de sa machine administrative, l'afliiire des Templiers. Pendant que ses enquêteurs réunissaient une masse énorme de témoignages et d'aveux, le roi s'acharnait à obtenir du pape qu'il rendît leurs pouvoirs aux ordinaires et au grand inquisiteur, soutenu par une campagne violente de libelles, par l'opinion d'un parlement général où il avait convoqué les trois ordres, cherchant l'assentiment du peuple et de l'Uni-
1. Arcli. Nat., J. 438, n" 8, art. XXIIl. Cf. n"^ 3 et 7, art. XIX et (2« partie, ch. III) les aveux de levêque. '