Voy. p. justif., n° XII
2. Etienne Becart de Fenouil, « magister in decretis, nobilis génère sed « nobilior moribus » était devenu, de doyen de la cathédrale, archevêque de Sens en 1292 (Gaufrid. de Collone, Ilistor. de Fr., XXII, 10); il avait déjà été chargé en 1301 d'une première enquête contre Guichard ; en 1305, la reine Jeanne de Navarre avait fait de lui l'un de ses exécuteurs testamentaires; il mourut le 29 mars 1309 {Gall. christ., XII, 69).
3. Raoul Grosparmi(v. plus haut, p. 32, note 2) venait d'être élevé au siège d'Orléans (19 janvier 1308) ; il avait été l'un des commissaires instructeurs du premier procès de Guichard.
4. Pierre de Grès (v. plus haut, p. 31, note 9) n'était encore à ce moment qu'évêque élu d'Auxerre; élu en même temps que Jean d'Auxois parle chapitre divisé, il venait, après contestation, d'être confirmé par Clément V sur le siège laissé vacant par Pierre de Belleperche (12 juillet 1308, Beg. de Clément V, n" 2851). C'était aussi l'un de ceux qui avaient été chargés d'informer une première fois contre Guichard en 1301-1303.
LA DÉNONCIATION ÉT LE MANDEMENT d'eNQUÊTE
ger du mauvais exemple et le scandale du grand nombre. C'est pourquoi, ne pouvant ni ne devant dissimuler de pareils crimes,... nous mandons à vos discrètes personnes, de faire par notre autorité, sommairement et sans complication, sans bruit, ni figure de jugement, en forme de droit toutefois enquête diligente contre ledit évêque, et de nous envoyer le plus tôt possible l'information rédigée par écrit sous vos sceaux ~. . . »
Le mandement était adressé aux évêques de la part du roi ^ : c'était lui qui prenait l'initiative de l'affaire, avec son fils aîné, Louis, roi de Navarre, alors avec lui à Poitiers'^.
La bulle d'ailleurs avait été dictée au pape par ceux qui inspiraient le procès : en demandant l'établissement d'une enquête, on avait eu soin de ménager toute latitude à l'accusation. L'accusation capitale, qui était énoncée, concernait le crime d'envoûtement sur la reine de France et la tentative d'empoisonnement sur des royaux : c'étaient là les crimes récents, dénoncés par l'ermite, et qui avaient directement provoqué les plaintes. Mais outre « ces actes horribles et condamnables, ces maléfices où l'évêque s'était plongé pour sa honte et pour la perte de son salut », il était encore accusé de « beaucoup d'autres crimes énormes confiée la majesté divine, pour le danger du mauvais exemple et le scandale du plus grand nombre », crimes qui n'étaient point formulés. Il semble donc qu'on ait songé, dès ce moment, à l'insuffisance de l'accusation première que l'on sentait sans doute mal fondée, d'un caractère trop étrange pour
1. La forme d'enquête « summarie et de piano, sine slrepitu et figura a judicii » permettait une simplification de la procédure. Voy. Guilhiermoz, Enquêtes et procès, p. 40. C'était la forme employée d'ordinaire contre les hérétiques; on ne voulait point en pareil cas de « noise d'avocats ».