‹ Le procès de la neutralité belge, réplique aux accusationsChapitre 11 sur 24 · CES RUMEURS QUI CAUSAIENT DES APPRÉHENSIONS · texte numérisé non relu

CES RUMEURS QUI CAUSAIENT DES APPRÉHENSIONS

A la suite de cette démarche à Londres, sir

Edward Grey, voulant dissiper les interprétations fâcheuses, écrivit le 7 avril 19 13 une lettre au Ministre d'Angleterre à Bruxelles, qui en remit copie au Ministère des Affaires étrangères de Belgique ; dans cette lettre, le chef du Foreign Office déclarait : « Je suis certain que le Gouvernement anglais actuel ne sera jamais le premier à violer la neutralité de la Belgique et je ne crois pas qu'aucun gouvernement anglais le ferait ni que jamais l'opinion publique dans ce pays l'approuverait... Etre les premiers à violer la neutralité et à envoyer des troupes en Belgique, ce serait donner à l'Allemagne, par exemple, une justification pour envoyer des troupes en Belgique. Ce que nous désirons dans le cas de la Belgique aussi bien que dans le cas de tous les autres pays neutres, c'est que leur neutralité soit respectée : aussi longtemps qu'elle ne serait pas violée par une autre puissance, nous n'enverrions certainement pas nous-mêmes des troupes sur leur territoire. » (Voir dans le Livre gris, II, n^ 100, le texte complet de ce document qui a été publié la première fois le 7 décembre 1914 par la presse anglaise).

Voilà ce que la Belgique a fait — et l'Accusation l'ignore si peu que, le 12 octobre dernier, la NorddetUsche Allgemeine Zeitung s'occupait encore de cette lettre de sir Edward Grey, pour dire qu'elle ne pouvait être réellement considérée comme catégorique et solennelle, attendu que... la raison est

H6 I.P. PROr.HS DH !.A NHUTRALITH BRLGF.

plaisante — le ministre avait employé l'expression : « Je ne crois pas », en parlant de l'attitude des futurs gouvernements de l'Angleterre.

Or, ce que la Belgique a fait en 1913 à I^ondres, elle l'avait fait en 191 1 à Berlin, et cette dernière démarche présente une im|X)rtance extrême pour le point de vue qui nous occupe ici.

Une polémique venait d'être soulevée par le projet hollandais concernant les fortifications de Flessingue : diverses circonstances avaient à nouveau posé le problème de la neutralité belge et de rinterv^ention éventuelle de ses garants. Le gouvernement saisit l'occasion. Il suggère aussitôt k ^^ Berlin {Livre gris, n^ 12) l'idée « qu'une déclaration

uj faite au Parlement allemand, à l'occasion d'un débat

£* sur la politique étrangère, serait de nature à apaiser

î^ l'opinion publique et A calmer SES défiances, si

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