REGRETTABLES AU POINT DE VUE DES RELATIONS
ENTRE LES DEUX PAYS, d M. de Bethmann-HoUweg fait répondre qu'il est très sensible aux sentiments QUI ONT inspiré LA DÉMARCHE DE LA Belgique ; c'est alors qu'il déclare que l'Allemagne n'a pas l'intention de violer la neutralité belge.
Que signifie donc cette démarche de la Belgique, en réalité sans précédent dans l'histoire poHtique du pays, sinon que le gouvernement belge veut précisément éprouver l'hypothèse d'une violation de la neutralité par les armées allemandes, hypothèse que les conversations militaires ont envisa-
gée en 1906 et qu'autorisent tant d'indices divers ?
C'est-à-dire que, tout comme elle le demande loyalement à l'Angleterre en 1913, la Belgique demande loyalement à l'Allemagne en 191 1 de dissiper ses appréhensions.
Bt non seulement, la Belgique parle à I^ondres et à Berlin, mais dans un esprit d'impeccable correction, elle engage à Paris une conversation diplomatique, dont le second Livre gris a fait connaître la teneur significative (n^ i).
lyC 22 février 1913, au cours d'un entretien que le ministre de Belgique a avec le directeur général des Affaires politiques de la République, celui-ci l'interroge sur la portée du projet de réforme militaire en discussion au Parlement belge.
Dans sa réponse, le ministre « fait remarquer avec toutes les réserves nécessaires, que les relations étroites établies assez récemment par l'Angleterre avec certaines grandes puissances ne la mettraient plus vis-à-vis de la Belgique dans la même position que naguère, quoique l'existence d'une Belgique libre et indépendante continue à être vitale pour sa politique. Nous voulons éviter, si possible, dit le ministre, que la Belgique ne redevienne, comme elle ne le fut que trop souvent, le champ de bataille de l'Europe. »
Il ajoute que « la Belgique entend avoir une armée solide et sérieuse qui lui permette de faire
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entièrement et pleinement son devoir pour sauvegarder son indépendance et sa neutralité. »
« — C'est parfait, répond l'interlocuteur du ministre de Belgique, mais vos nouveaux armements ne sont-ils pas motivés par la crainte que cette neutralité ne soit violée par la France ?
» — Non, reprend le ministre, ils ne sont pas plus dirigés contre la France que contre l'Allemagne ; ils sont destinés à empêcher quiconque d'entrer chez nous. »
Ht le ministre conclut : <( Je vous le répète, nous ne nous fions à aucun calcul de probabilités ; d'ail- Q^ leurs, ce qui peut être vrai aujourd'hui peut ne plus
i ^^' l'être demain, à raison de circonstances nouvelles et
ju NOTRE BUT EST UNIQUEMENT d'EMPÊCHER DANS LES