COS
Mais les faits, direz-vous ? les faits ne peuvent
pas être niés ?
Ah ! ôn n'est pas géné pour si peu à Régina, on les supprime les faits, et on dit que Jackson est fou.
La comédie a duré vingt minutes, pas plus, et Jackson a été remis entre les mains du shérif, qui le gardera en attendant des ordres, mais comme les médecins ont déclaré qu’il pouvait revenir à la raisOn d’une minute à l’autre, il est probable qu'il a été remis en liberté depuis.
* L* Voilà la justice anglaise !
Ce qu'il y a eu de parjures commis en cette cause et dans celle de Riel, est incroyable.
La Conscience ? morte.
L'Honneur ? mort.
La Justice ? violée.
La nation qui a été battue au Soudan par des sauvages nus et sans armes ; la nation qui essuie
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tous les jours les soufflets que lui donne la Russie ; cette grande nation qui a eu autrefois des jours de gloire et dont la voix a fait autorité à certaines époques dans le monde entier, cette nation en est réduite aujourd'hui à se vanter d'avoir enfoncé des poites ouvertes, au Nord-Ouest, et à demander l'assassinat d’un pauvre fou, pour pouvoir chanter victoire et dire que l'insurrection a été vaincue.
Tout cela sonne faux.
Ce qu’il y a au fond de ce soulèvement, c'est la revendication des droits de tout un peuple, c'est la conscience outragée qui se révolte, et ce ne seront pas les potences qui empêcheront les idées d'avan-
cer ni le bruit des os des squelettes qui se balanceront aux branches qui couvrira la voix du peuple,
La justice, la vraie justice, aura son tour, et gare aux vrais coupables.
IEL vivra | 14+S-% ù D'un bout à l’autre de la province de Québec les populations se sont émues, on ës a convoqué des assemblées, on a fait appel à l'honneur et à la sincérité de tous les Canadiens - Français qui prennent parti pour le faible, l'opprimé, le prisonnier.
Et je suis entièrement de l'avis du Dr Marcil, de Saint-Eustache, qui a dit dernièrement dans une assemblée publique : ‘“ Par Canadien - Français j'entends tout homme de cœur, à quelque nationalité, à quelque parti qu'il appartienne.”
Bravo ! Si forte que puisse paraître la figure tout d’abord, elle est juste, car quand on parle de la France ou de ses enfants, on sent comme un souffle d'honneur et de loyauté qui parcourt l’espace.
Je reviens de la grande assemblée’ qui a été convoquée par les amis de Riel, et qui a eu lieu dimanche, au Champ-de-Mars, et je frissonne encore des accents patriotiques et énergiques qui animaient les orateurs qui se sont fait entendre dans cette réunion mémorable.
M L.-O. David, le premier inscrit pour prendre la parole, a trouvé la note, quand il a rappelé les services rendus pendant l'insurrection du Nord- Ouest, par le beau et brave 65m, et les injures que lui ont adressées les fanatiques d’Ontario ainsi qu'au drapeau français :
Dans cette lutte inégale qui vient d'avoir lieu, la couronne anglaise a été défendue par les Canadiens-français
eux-mêmes, et tout le monde sait que le 6$me est le seul Se tous les bataillons de la province de Québec, qui ait
"combattu et versé son sang, pour une cause anglaise,
Et cependant, nous n'ignorions pas que le 6$me allait combattre des hommes de leur sang qui, comme nous, aiment la France et tout ce qui vient de la France,
Nous avions le droit de compter sur la reconnaissance de la couronne pour laquelle nous venions de combattre, car c'était justice,
Voyez ce qui s'est passé,
A peine le 65me était-il parti, à peine venait-il d'entrer dans la province d'Ontario, qu'on l'accablait d’injures, qu'on le couvrait de boue et qu'on accusait nos vaillants officiers et nos braves soldats de voler et de dévaliser les gens chez lesquels ils passaient. (Honte ! infamie !)
Ah ! ils sont heureux de vivre loin de nous, ces lâches fanatiques, ces insulteurs, qui se cachent quand on leur demande leurs noms !
Ce n'était pas assez pour eux, cependant, ils ne se contentaient pas d’insulter le 65me, ils ne leur suffisaient pas d'injurier toute la race canadienne-française, ils essayaient de salir le drapeau français qu'ils traitaient de guenille, (Lâcheté ! honte ! honte !)
Les ignorants ! les ingrats ! les misérables ! ils oublient l’histoire, ils ne savent donc pas que toutes les puissances du monde s’inclinent avec respect devant cette noble guenille qui représente la civilisation, la science et la liberté. (Bravo !)
Ils oublient donc qu’à Inkerman, tous les régiments anglais auraient été massacrés sans cette guenille, (Applaudissements.)
Dans le conflit anglo-russe qui va éclater, ils seraient bien heureux d'avoir cette guenille à côté de leur armée, pour les protéger et les aider.
Mais passons l'éponge sur ces ordures ; le mot est dur, mais il est juste.
Le 6$me a répondu à tout cela en se battant avec un courage qui a arraché des exclamations d’admiration au général Strange, qui les commandait -un Anglais, pourtant !
Pendant que le sang canadien-français coulait pour l'Angleterre, les fanatiques qui ne se battaient pas, eux, ne trouvaient rien de mieux à faire que de pendre Riel en eff-