‹ Le procès de Riel [microforme]Chapitre 7 sur 9 · X NA · texte numérisé non relu

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gie, et le bataillon d’'Halifax, plus tard, après avoir reçu une réception magnifique à Montiéal, quittait la gare de Saint-Hyacinthe en chantant une chanson de mort contre Riel ! Quel courage ! (Honte ! honte !)

Plusieurs autres oreteurs, sans distinction de parti, ont parlé dans le même sens, et il y a lieu d'espérer que si les fonds recueillis sont suffisants et qu’on agisse vite, on sauvera Riel.

Pour cela, il faut du cœur et de l'argent.

On aura l’un et l’autre.

# UK

Les Anglais ont de l'esprit.

Vous ne vous en étiez jamais douté, je gage, ct je comprends le doute que vous émettiez à cet égard, car c'est une découverte de date très récente.

Comme ce ne sont encore que des commençants, il ne faut pas se montrer trop difficile pour leurs premiers essais, dont je vous donne aujourd'hui un exemple, pour vous initier au genre qu'ils cultivent.

La semaine dernière, au théâtre, à Montréal, une actrice de médiocre talent a voulu racheter par un bon mot la faiblesse de son jeu.

—Savez-vous, dit-elle, quelle différence il y a entre un tableau et Riel?

— VPPPP?.

—Eh bien ! il n’y en a pas ; car tous deux sont destinés à être pendus !

Dame ! je vous ai prévenu, ce n’est pas d’une force herculéenne, mais enfin, on fait ce qu’on

" Les dudes saxons se pâmaient, s’esclañuient et murmuraient comme les incroyables du Directoire avec un sourire bête : “ Châ-mant ! Châ-mant ! ”

L’impressario, qui était un homme de bon sens, a carrément mis à ja vorte l’actrice trop spirituelle qui a failli faire démolire son théâtre par les hon-

nêtes gens.

Il ne faudrait cependant pas jouer trop longtemps à ce jeu-là, car cela pourrait finir mal.

Les Anglais de bon sens déplorent toutes ces petites méchancetés, ces injures renouvelées tous les jours et partout par des gens mal élevés contre la race canadienne-française, e savent bien que tant va la cruche à l’eau qu’à ia fin elle ‘se casse.

L’Angleterre, qui est à la veille d’une révolution chez elle, ferait bien de n'en pas provoquer une | au Canada, car elle pourrait bien avoir besoin de nous, une fois de plus, dans un moment d’embar ras, et il est bon de se ménager des amis.

Ce qui m'étonne cependant en tout cela, c’est de ne pas voir un homme sérieux, occupant une position importante. et ayant une autorité dans la société, je parle d’un Anglais, protester carrément contre ces villenies et ces lâchetés.

Il ne se passe pas de jour où les journaux anglais ne décochent à notre adresse quelque trait, qui, si bête et si peu acéré qu’il soit, n’en est pas moins la preuve de la haine qu’ils nous portent.

J'avais toujours cru que les Anglais étaient—à part leurs défauts, et tout le monde en a—des gens d'honneur et de cœur, mais je regrette de m'être tant trompé, car ce n’est pas par plaisir ou

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