‹ Le procès de Riel [microforme]Chapitre 9 sur 9 · DÉS AE SE RAA CE A > LS 6 M NE · texte numérisé non relu

DÉS AE SE RAA CE A > LS 6 M NE

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Je ne m'étais malheureusement pas trompé en vous disant, il y a huit jours, que je considérais comme rendue la décision du tribunal de Winnipeg, au sujet de l’appel du jugement de Regina, dans la cause de de Riel.

La Cour Suprême a confirmé purement et simplement les excentricités du juge Richardson.

Personne n'a été surpris.

Cependant, tout n’est pas perdu, car le gouver-|. nement, cédant enfin au désir de tous les honnêtes gens, a permis l'appel au Conseil Privé et a accordé le sursis nécessaire.

Il faut donc espérer encore et surtout ne pas s'endormir, et continuer à recueillir des fonds pour payer les frais nécessités par l’appel en Angleterre.

En attendant, la Cour de Regina fonctionne toujours.

Gros-Ours, que tout le monde s'attendait à voir pendre haut et court, en récompense des massacres qui ont été commis par sa bande, en est quitte pour trois ans de pénitencier.

Scott, un blanc, un ami intime de Riel, dont ila du reste endossé tous les actes, a subi son procès et a été acquitté.

Je n’insiste pas sur la signification de ces jugements, car je suis fatigué de toujours répéter ce que je pense de cette chose que l’on a si justement qualifiée d’ignoble farce.

Cela n’est pas fait pour imposer beaucoup de respect aux autres peuples pour notre pays.

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Riel, après plusieurs sursis, a enfin été condamné à être pendu le ï:o novembre, c'est-à-dire dans quelques jours.

Jusqu’à présent, on avait eu un certain respect pour la magistrature anglaise—erreur commune à tous les peuples qui ne voient pas—ou plutôt, qui n’observent pas ce qui se passe chez eux, en temps de décrépitude—et au inilieu des naufrages sans nombre de principes et de traditions, il restait au moins des juges intègres et intelligents.

Voici encore une illusion qui vient de disparaître pour nous.

Loyaux—on appelle être loyal, ici, être très humble sujet de la couronne anglaise—loyaux comme nous l’étions, nous nous figurions, naïfs, que l’on avait encore des juges à Londres.

Pauvres de nous !

Les perruques du Conseil Privé ont confirmé le jugement de M. Richardson !

Cela a été fait sans pudeur, sans respect, sans tact, sans savoir-vivre, sans décence, sans convenances, sans pitié, avec un mépris incroyable, non | pas seulement des traditions et de l'étiquette du barreau, mais encore avec une désinvolture de | petits crevés, avec une allure de gommeux qui donne | des haut-le-cœur‘ | Après avoir entendu la plaidoirie d’un honnête homme, parlant en faveur d’un patriote, les vieillards du Conseil Privé, qui vont mourir Lemain, peut-être, ont agi comme des jeunes hommes pris de vin, et ont dit que c'était assez, et que la couronne, la couronne !.. entendez bien, n'avait pas besoin de répondre.

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Le lendemain, ces hommes vieux disaient que l’homme jeune devait mourir

Mar

Le /Zerald, qui a parfois des éclairs de bon sens, a placé le gouvernement dans un dilemme d’où il ne peut pas sortir.

“ Le gouvernement, dit-il, avait le choix de l’accusation. On pouvait accuser Riel de crime de droit commun ou de crime politique. On trouve toujours des gens pour faire cette besogne.

“ Il a choisi l'accusation de crime politique et de haute trahison — c'était le condamner non à mort... mais à vivre.”

Depuis plus de cinquante ans, en effet, il n’y a pas eu d'exécution, en pays anglais, pour crime politique. Ceci est admis par tout le monde, les honnêtes gens, les autres et même les hypocrites.

Choisir un procès politique, c'était donc prendre l'engagement tacite de ne pas exécuter le jugement, convenu d'avance.

Vous avez donc promis de le gracier.

Faites-le donc, et ne prolongez pas l’agonie de ce malheureux qui--si fou qu’il soit—inspire au moins plus d'estime que les farceurs qui ont provoqué la tragédie à laquelle nous assistons.

# PK

Le gouvernement britannique—système admirable sur le papier--à son côté faible ; il est caduc et mal équilibré.

Quand on a demandé au trônc d'Angleterre la grâce de Riel, la reine a répondu—elle ne pouvait

répondre autre chose—qu'elle n'avait aucun pouvoir et qu’elle avait délégué son droit de pardon, le plus beau des privilèges d’un souverain, au gouvernement colonial du Canada.

Etre reine d’Angleterre, d'Irlande et d'Écosse, souveraine du Canada, d'Australie et de cent autres colonies, être impératrice des Indes, commander à vingt peuples, régner sur un empire pour lequel il n’est pas de nuit, voir à ses pieds des princes sans nombre, faire mouvoir des sujets par centaines de millions, avoir des flottes, des armées, de l'or à profusion, pouvoir d’un seul mci déclarer la guerre et faire mourir cent mille hommes. et être impuissante à sauver une tête ! ! !.........

Faiblesse de puissance !

Je me tais. Pensez !

RCE ESS ï

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