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pour satisfaire un sentiment d’aversion inné que je leur fais si souvent des reproches.
Dernièrement, un Ecossais me disait que les Ontariens n'étaient que des Anglais dégénérés ; tant mieux pour les Anglais d'Angleterre.
Une nation se juge d’après différents points, et je crois qu'on peut l’apprécier d’après le respect | qu’elle porte à ses morts.
| Si cette idée a un fond de vérité, je me demande | quel jugement on pourra porter sur nous en voyant | les nombreuses causes qui sont portées toutes les | semaines devant nos cours de justice, pour des in-
| fractions commises aux règlements des cimetières.
| Loin de diminuer, elles augmentent toujours.
| Quoi de plus touchant, cependant, que de voir | une mère, une veuve, une fille, occupée d’orner la | tombe d’un fils, d’un mari ou d’un père ! Quoi de | plus beau que ce respect, ces soins prodigués à la mémoire du mort regretté ! On place sur sa tombe la fleur dont il aimait le parfum, on sème tout autour les plantes qu’il préférait, et ces plantes et ces fleurs semblent parler encore de celui qui n’est plus.
Tout ce que l’on dépose ainsi sur le tertre qui recouvre un cercueil doit être sacré.
Et, chose incroyable, il se trouve que des femmes, des femmes surtout, sans respect, sans religion, viennent voler ces fleurs, tribut d'amour d’une famille.
Certaines d’entre elles commettent cette faute, je dirai presque ce crime, par pure ignorance, ou par, comment m'exprimerai-je, par imbécilité.
Mais il n’en est pas moins vrai que ces actes prouvent un manque de sens moral des plus regrettables, et la loi a raison de frapper très sévèrement les coupables.
cœur an mms +4 0
PQ ARBLEU ! en voici bien d’une autre !
| Comment ! au moment où tous, nous
AU sommes unis pour demander la grâce de
622%% Riel, sans nous occuper de nos opinions
politiques du religieuses ; au moment où un cri de pitié et de clémence se fait entendre partout, voici des polissons qui ont l’aplomb de faire des menaces si on ne pend pas un pauvre Métis. |
Ah! c’est trop fort, par exemple ! |
Des menaces ! vous osez faire des menaces | vous osez prédire une guerre de race si on ne se sert pas de la corde que vous avez filée pour faire un mauvais coup, afin de satisfaire des haines iniustifiables.
Et ce sont les orangistes de Toronto qui osent parler ainsi !
Si Riel est pardonné, disent-ils, par sir John Macdonald, à la demande des Canadiens-Français, il s’appercevra bientôt que pour un ami il se sera fait cent ennemis, et il hâtera une guerre de race qui est inévitable. |
Tout cela ne doit pas être bien sérieux, et en ‘admettant même que cela le fut, je crois que tous des Canadiens resteront calmes jusqu'au moment où, comme disait le premier Charrette, il s'agira d’invoquer “ Notre-Dame de Tappe Dur !”
iît alors, gare aux coups!
Avez-vous jamais compris qu’on fut Orangiste ?
Car enfin, que diable cela signifie-t-il de venir se réjouir chaque année d’avoir égorgé des catholiques ?
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Pour des gens qui se piquent d'avoir une religion pure, très pure, cela me semble pas mal manquer de charité que de se féliciter, au nom de Dieu, d'avoir tué d’autres serviteurs de Dieu.
Comme je n’ai pas l'habitude de mâcher les mots, je dirai que ce système de fête est tout simplement canaille.
Est-ce que nous nous réjouissons, nous, catholiques, de la Saint-Barthélemy ? Est-ce que nous avons institué une fête pour cet anniversaire ?
On dit pour expliquer leur conduite, sinon pour les excuser, que ce sont des fanatiques.
Fanatiques, évidemment, mais fanatiques dangereux, qu'il faudra un jour ou l'autre mnettre à la raison. Et ce jour-là, ce sera encore ‘“ Notre-Dame de Tappe dûr ” qu'il faudra invoquer.
Riel ! Riel !
Que de bruit autour de ce nom, que d’éloquence aussi, que de nobles idées, de beaux sentiments ce nom a provoqués, au nom de la justice, de la liberté, de la Patrie !
O mes amis, que vous devez donc être fiers, après cent vingt ans de séparation, de sentir couler dans vos veines ce sang si pur, si noble, si généreux que vous a donné la France !
C’est aux jours d'épreuves, aux grands jours de malheur que l’on sent que vous êtes vraiment les fils de cette belle terre, que l’on nomme France.
Quand j'ai entendu, dimanche, la voix ardente, patriotique, passionnée de M. Lemieux, l’un des défenseurs de Riel, vraiment, j'ai senti un frisson courir dans tout mon être et je me suis relevé plus fier, plus fort, plus vaillant, embrasé par les accents |
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inspirés par un grand cœur et qui sortaient d’une bouche si éloquente.
Oubliant le sujet qui se discutait, oubliant Riel, ne me souvenant plus des Métis, ni du Nord-Ouest, vingt fois j'ai été tenté de crier: “ Vive la France ! ”
Oui ! j'étais fier de ce vaillant qui disait, carrément et sans ambage, toute sa pensée et qui vidait son cœur en donnant toute son âme.
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Plus tard, on se souviendra, j'espère, des noms des hommes de cœur qui se sont mis à la tête du
mouvement en faveur de Riel.
J'ai écrit : j'espère, non, je raie ce mot et je dis j'en suis sûr, car les Canadiens ont la mémoire du cœur.
Donc, souvenons-nous de ces noms, L. O. David, . le patriote désintéressé, qui va droit au but, sans calculer et sans jamais regarder en arrière.
Chs de Lorimier, le neveu du brave de 1837.
Chs Champagne, le prisonnier de Woosley, ce général Boum Boum de l’Angleterre.
Georges Duhamel, ce vaillant jeune avocat, qui se donne tout entier à la belle cause qu’il défend.
L'hon. KR. Laflamme, un vétéran de la lutte.
Et Lemieux, Fitzpatrick, le Dr Marcil, A. Chris-| tin, St-Pierre tous ceux enfin qui combattent le bon combat.
Ils sont conservateurs, libéraux, castors, qu’importe ! Ce sont des gens de cœur.
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Je vous ai donné dans un numéro précédent les noms des jurés qui ont joué la comédie sinistre de Regina, et aujourd'nui LE MONDE ILLUSTRÉ publie le portrait de Richardson, l'illustre juge du Nord- Ouest,
S'il est bon de connaître les noms des hommes qui ont joué un triste rôle dans l’histoire contemporaine, il n’est pas rnauvais d’avoir aussi sous les yeux les traits d'un juge qui a commis tant d’illégalités.
Eh bien! le voilà tel qu'il est, cet employé ministériel, dont on parle tant depuis deux mois.
Né à Londres en 1826, il émigra au Canada avec sa famille vers 1840. Reçu avocat en 1847, il pratiqua pendant plusieurs années dans la province d'Ontario. ;
Il fut nommé, en 1872, à une haute situation dans le département de la justice, à Ottawa, position qu’il occupa jusqu’à sa nomination au poste de magistrat du Nord-Ouest, avec résidencé à Regina.
Comme on le sait, l’impartialité n’est pas le fort du juge Richardson.
Les plus importantes questions de droit soulevées par les avocats de la défense ont été, par lui, décidées avec une rapidité de jugement significative.
Je ne vous souhaite pas d’avoir affaire à cet in-
tègre magistrat.
Si je ‘n'ai pas encore parlé de la fermeture de bonne heure;.c'est que j'ai vu que les lectrices et les lecteurs du Monde Illustré, n'avaient nul besoin d’être stimulés pour cammettre une bonne action.
Des appels nombreux ont du reste été faits dans la presse quotidienpe; et je ne-parlerai du mouvement que pourficourager le püblic à persévérer dans la MT ore qu’il a entrepris COM Les rer
dataires.