‹ Le procès des ministresChapitre 111 sur 151 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

pour se justifier les périls que courait la monarchie. M. Persil soutint qu'au moment dès ordonnances aucun péril ne la menaçait, et il apporta la plus âpre, la plus incisive éloquence pour établir la culpabilité personnelle de chacun des accusés. Il conclut en ces termes : a Nous vous demandons, messieurs, la condamnation des anciens mmistres parce qu'ils ont trahi les intérêts de la France, livré toutes ses libertés, déchiré son sein, en y portant la guerre civile. »

Les deux journées suivantes appartinrent à la défense. Elles ne furent pas les moins brillantes ni les moins glorieuses de ce mémorable procès. Elles tirèrent leur éclat non pas seulement du talent des défenseurs, mais aussi de leur courage et de leur attitude intrépide, au milieu des passions populaires qui grondaient, déchaînées et furieuses, autour du palais du Luxembourg. M. de Martignac, à gui était échue la tâche de diriger les plaidoiries et de traiter les points généraux communs à tous les accusés , parla le premier, au milieu d'un silence sympathique. De tous les discours qui furent prononcés dans ce procès, le sien est celui qui, par la forme, par les sentimens qu'on y trouve, la générosité qui l'anime, semble le mieux fait pour échapper à l'action du temps. Comme, d'autre part, il résume les charges de l'accusation dirigée contre les anciens ministres de

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