‹ Le procès des ministresChapitre 132 sur 151 · LIVRE DEUXIÈME. S · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME. S

avait livré ses pièces, que les écoles se réunissaient au peuple pour proclamer la république ; mais vers midi, ces rumeurs furent démenties, et l'on vit des* cendre des hauteurs du Panthéon une colonne composée de plusieurs milliers d'étudians, qui se promena dans Paris, en invitant tous les citoyens à respecter la loi et Tordre public et délégua vers le roi quelques-uns de ses membres, afin de lui exprimer ces sentimens.

Cette manifestation, bien qu'elle révélât plus d'un danger et transformât les écoles en un pouvoir nouveau avec lequel le gouvernement serait bientôt tenu de compter, s'il n'arrivait à le dominer, apaisa, ce jour-là, la fermentation naissante et prévint sans doute des troubles nouveaux et sanglans. Le soir, Paris fut paisible ; les hauts personnages du gouvernement et des chambres, réunis dans les salons de M. de Montalivet, où l'on vit, empressés à louer le jeune ministre, MM. Royer-Gollard, de Martignac, le corps diplomatique, les chefs de l'armée, se félicitaient d'avoir pu, grâce à un concours d'efforts et de bonnes volontés, rassurant pour l'avenir, faire franchir heureusement au pays cette crise depuis si longtemps redoutée et assurément redoutable.

Le lendemain, tandis qu'une circulaire ministé-*

rîelle apprenait à la France l'heureuse issue du procès des ministres', le roi, après avoir adressé, dans une lettre au général de Lafayette, ses félicitations à Tarmée et à la garde nationale, parcourut à cheval tous les quartiers de Paris, ayant à ses côtés le duc de Nemours, le maréchal Soult, le maréchal Gérard, le ministre de Tintérieur. Il reçut d'innombrables témoignages de respect et de sympathie d'une population délivrée et rassurée par le triomphe du gouvernement sur le parti du désordre, par le succès décisif des idées d'humanité et de clémence, et surtout par la volonté que venaient de manifester les pouvoirs publics d'en finir avec les forces anarchiques dont la Révolution de Juillet avait déchaîné les espérances et qui s'étaient liguées pour imposer leurs coupables volontés au trône nouveau ou pour le briser, si elles ne parvenaient pas à l'affaiblir irréparablement, en le déshonorant. A ce point de vue, le procès des ministres eut un épilogue qui doit être aussi celui de ce récit.

i. A cette occasion, «ent mille objets farent retirés dn Moat-de- PJété, aux frais de la liste civile.

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