‹ Le procès des ministresChapitre 17 sur 151 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Collard dont on connaissait les sentimens hostiles au ministère, ensuite en refusant, dans une déclaration célèbre, son concours au ministère, en posant résolument la prérogati^re parlementaire en face de la prérogative royale.

Le 16 mars, l'adresse qui contenait cette déclara* tion fut votée par 221 voix contre 181. Le ministère était vaincu. Cependant il ne se retira pas, considérant le langage de la chambre des députés, non comme le libre exercice des droits du parlement, mais comme une violation du droit réservé au roi par la Charte de choisir ses ministres, et comme un outrage à la couronne. Dans le conseil qui suivit ce vote, le roi exprima Ta vis que la chambre avait manqué à ses devoirs et que, dans sa pensée, il y avait lieu de prononcer sa dissolution. A l'exception de M. de Guernon-Raaville, tous les ministres parlèrent dans le même sens ou s'abstinrent de contredire le roi. M. de Guernon-Ranville émit l'opinion que la dissolution transformerait le caractère de la lutte qui s'était engagée entre la chambre et le ministère et ferait entrer dans cette lutte la couronne ellemême, en l'exposant à tous les périls, d'un échec devant les électeurs; qu'en conséquence, il fallait tenter la session avec la chambre, en fermant les

yeux sur les termes de l'adresse et en ne présentant que des lois indispensables. On gagnerait ainsi une année et on obligerait la chambre ou à faire sa soumission ou à accentuer sa révolte par le refus de voter les impôts, ce qui justifierait alors les mesures rigoureuses que le roi croirait devoir prendre. Les conseils, d'ailleurs [insuflisans, de M. de Guernon- Ranville ne furent pas entendus, et personne parmi ses collègues n'eut le désintéressement ou la sagesse d*avouer que la retraite du ministère pouvait seule écarter les périls que l'on cherchait à combattre.

Le 18 mars, Charles X, entouré de ses ministres, des grands dignitaires et d'un cortège brillant et nombreux , reçut aux Tuileries la commission de la chambre des députés, chargée de lui présenter l'adresse. M. Royer-Collard en donna lecture. Le roi écouta froidement, puis il dit : « J'avais le droit de compter sur le concours des deux chambres pour accomplir le bien que je méditais. Mon cœur s'afflige de voir les députés des départemens déclarer que, de leur part, ce concours n'existe pas. Messieurs, j'ai annoncé mes résolutions dans mon discours d'ouverture de la session. Ces résolutions sont immuables. L'intérêt de mon peuple me défend de m'en écarter. Nos ministres vous feront connaître

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