LIVRE PREMIER
je vais acheter une propriété en Suisse ! » Un autre jour, a recevait de H. de La Ferronnays, son prédécesseur au ministère des affaires étrangères, devenu ambassadeur de France à Rome, une lettre qui se terminait comme suit : a Adieu, cher Jules; quand tu recevras cette lettre, tu seras au milieu de grands embarras. Puisse le ciel te bien inspirer, et le résultat justifier tes mesures et réaliser tes espérances. J'avoue, mon ami, que je ne les partage pas, et je trouve dans les craintes que me fait concevoir notre avenir un motif de plus pour désirer avec ardeur que tu ne te trompes ni sur tes forces, ni sur tes moyens, et que tu sortes heureux et tiiornphant du grand et dangereux combat que tu as cru devoir engager ^ » Hais que pouvaient ces conseils sur un esprit profondément pénétré de sa supériorité, nous allions dire de son infaillibilité, qui se sentait fort de Tappui du roi et qui croyait voir dans ses rêves la sainte Vierge descendre vers lui et lui promettre assistance, en lui enjoignant de persévérer dans ses desseins?
Les objections mêmes qu'y faisaient ses collègues le touchaient peu. Il assistait à leurs délibérations, souriant, un peu dédaigneux, exprimant par son