‹ Le procès des ministresChapitre 3 sur 151 · II INTRODUCTION · texte numérisé non relu

II INTRODUCTION

temps, la mémoire des jages et celle du gouvernement qui avait secondé avec ardeur leur désir de ne pas répandre le sang.

Cet épisode de notre histoire, dont les détails sont oubliés ou ignorés, n'avait jamais été raconté avec les développemens qu'il comporte. Mis en possession de documens inédits et de communications bienveillantes, il nous a paru bon d'en reconstituer le récit, en le faisant précéder d'un résumé sommaire des événemens que le procès des ministres couronna, et en le complétant par le tableau de ceux qui mirent un terme à cette*période agitée, de laquelle on peut dire qu'elle fut le prologue du grand ministère Perler, dont nous avons le dessein de raconter un jour l'instructive histoire.

C'est ce récit qu'on va lire. U offre, à ce qu'il nous a semblé, un saisissant intérêt qui le recommande à l'attention des lecteurs, — intérêt qui résulte autant des enseignemens qu'on y pourra recueillir que du caractère dramatique de ces heures lointaines, si peu connues de la génération nouvelle et dignes cependant d'être tirées de l'oubli. — Il formé en outre la suite du livre que nous avons consacré précédem-

INTRODUCTION. m

ment au ministère de M. de Hartignac^ Écrit comme ce dernier dans un sentiment de sympathie respectueuse pour la monarchie constitutionnelle, ses principes, ses hommes, ses œuvres, ses procédés de gouvernement, nous osons espérer qu'il trouvera parmi cette portion du public qu'intéressent les grands souvenirs de notre histoire nationale le même accueil que son atné.

Au moment où se déroulaient les événemens que nous allons raconter, la France sortait d'une révolution née subitement des périls qu'avait courus la liberté, — révolution à jamais regrettable qui, dans sa précipitation à se venger de ceux qui l'avaient provoquée, venait de renverser en trois jours un trône huit fois séculaire et de porter au régime parlementaire, alors môme qu'elle s'accomplissait en son nom, une inguérissable blessure de laquelle devait périr, dix-huit ans plus tard, la monarchie de Juillet, fondée aussi sur ce régime. Une sanglante bataille

i. Le Mimtère d$ M*de Martignae, sa vie politique et les der^ nières années de la Restauration diaprés des publications récentes et des documens inédits, (Ouvrage couronné par rAcadémie française.) Paris, Dontn, 1875»

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