IV INTRODUCTION
engagée dans les rues, un roi fugitif, ses ministres succombant sous le poids de leur incapacité plus encore que sous le poids de leurs fautes, ses soldats dispersés, ses émissaires impuissans à apaiser la rébellion et reçus par ces mots : Il est trop tard.* l'émeute triomphant au nom du droit violé et poussant jusqu'à la plus intraitable fureur ses vengeances et ses représailles, tels avaient été les traits principaux des trois journées. Quand ce drame eut pris
n, les ardeurs qui l'avaient rendu redoutable lui survécurent longtemps encore. Dans les imaginations et dans les cœurs restèrent des souvenirs amers et d'ineffaçables rancunes. Les ambitions déçues, les espérances trompées y déchaînèrent des colères nouvelles, et au lendemain de ce combat entrepris pour la liberté, ce n'est plus la liberté qui courut des périls, mais Tordre public.
Dans les chambres, dans les conseils du gouverne ment, dans la presse, la lutte recommença entre les hommes qui avaient souhaité la chute de Charles X et s'en étaient réjouis, et ceux qui, surpris par l'événement sans l'avoir désiré, s'étaient rangés autour du pouvoir nouveau, non pour en, faire l'instrument.