‹ Le procès des ministresChapitre 74 sur 151 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

R. AucuQ. Je suis resté étranger, je le répète, à tout ce qui s'est fait pendant ces trois jours.

D. Le sieur Lizoire, inventeur de projectiles incendiaires, avait été invité par plusieurs ministres à livrer des projectiles pour s'en servir contre la ville de Paris dans les journées des 27 et 28 juillet. En avez-vous eu connaissance?

B. Le fait est faux. Je n'ai jamais connu personne qui portât ce nom. Je viens de lire la pétition du., sieur Lizoire à la chambre. Elle ne contient que d'in* fâmes calomnies.

D. Le roi avait-il, indépendamment des ministres, d'autres personnes de qui il prenait conseil ?

R. Je n'en connais aucune.

M. de Peyronnet, interrogé après H. de Polignac, se reconnut l'auteur de l'ordonnance relative à un nouveau système électoral ; mais il refusa de révéler les délibérations du conseil.

« Je ne veux pas, dit-il, violer le serment que j'ai prêté. »

D. Dans le cas où le conseil n'aurait pas été unanime, ne craindrlez-vous pas, en gardant le silence, de manquer à vos devoirs envers ceux de vos anciens collègues qui se seraient opposés aux ordonnances ?

R. Je craindrais au contraire de manquer à mes

devoirs envers eux en donnant, par exemple, des explications qui me seraient personnellement favorables. Au surplus, pour la signature des ordonnances, il y a eu, au moins en ce moment, une apparence d'unanimité. Antérieurement, il y avait eu sans doute discussion, et par conséquent dissentiment.

D. Il semblerait résulter de votre réponse que les explications que vous auriez à donner vous seraient favorables. Étiez-vous en dissentiment avec vos collègues ?

R. Vous avez de nombreux moyens de connaître la vérité sur ce point , sans que je vous donne les explications que vous demandez.

D. Nous comprenons le sentiment qui vient de dicter votre réponse et nous nous bornons à vous demander si M. de Guernon-Ranville a été en dissentiment?

R. M. de Guernon-Ranville a exprimé en effet dans deux conseils des opinions opposées au système qui a prévalu.

Les réponses de M. de Guernon-Ranville n'ajoutèrent aucun éclaircissement à celles de ses collègues. Après avoir déclaré qu'il ne répondrait qu'autant qu'il serait interrogé sur des faits personnels, et comme on lui demandait si les ordonnances du 25 juillet avaient été votées à l'unanimité :

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