LIVRE PREMIER
Le 8 août 1829, le roiaistère dont M. de Martignac avait dirigé la politique libérale et tenu le drapeau dans les chambres fut contraint de se retirer devant les défiances injustes de Charles X et les intrigues coupables du parti de la cour, ayant pour chef le prince Jules de Polignac. Ce mluisière occupait le pouvoir depuis dix-buit mois. Il s'était honoré par un louable et courageux effort pour assurer entre la France moderne et le principe de la légitimité la réconciliation tentée avec succès par Louis WllI,
mais compromise par son successeur. Sa chute imméritée porta un coup Tuneste à la Restauration. La politique de M. de Polignac rendit ce coup irréparable, en brisant le lien qui attachait la nation française à la maison des Bourbons.
Le prince Jules de Polignac*, alors âgé de quarante-neuf ans, ami de Charles X, qui ne l'appelait que <( son cher Jules, » compagnon de son exil et de ses malheurs, représentait aux yeux du pays les préjugés de l'émigration et les revendications de l'ancien régime contre l'œuvre mémorable de 1789. 11 portait un nom dont l'impopularité, attachée aux infortunes de la famille royale, remontait aux plus brillantes années du règne de Louis XVI, et s'était perpétuée jusqu'au moment même où il devenait ministre. On lui reprochait la part qu'il avait prise à la conspiration de Georges. On se souvenait que, lorsqu'en 181A il était rentré en possession de ses privilèges, il avait commencé par refuser à la Charte, entachée, selon lui, de libéralisme et d'hérésie, le
1. Né à Versailles ea 1780, mort à Saint- Germain en 1847; emmené en 1789 en Angleterre par ses parens ; plus tard, aide de camp du •comte d*Artois, qui le prit en affection. Môle à la conspiration de Georges et condamné à deux ans de (.rison, il s*évada eu 1813. L'année suivante, il pénétra dos premiers dans Paris. Membre de la chambre des pairs, il fut nommé en 1823 ambassadeur à Londres, et ne quitta ces fonctions qu'en 1829 pour derenir ministre*