‹ Le procès des ministresChapitre 92 sur 151 · Né en 1766, mort en · texte numérisé non relu

Né en 1766, mort en

la conviction se formait davantage que, pour conjurer ce péril et le vaincre, il était nécessaire que Thomogénéité régnât dans le ministère. Or c'est justement, ainsi qu*on Ta vu, l'homogénéité qui manquait le plus au cabinet imposé à Louis-Philippe au lendemain de la révolution ; les préliminaires du procès avaient démontré la diversité comme l'étendue de ses discordes intérieures, la multiplicité des opinions qui s'y trouvaient représentées, « les unes trop accommodantes pour les dispositions publiques et les exigences révolutionnaires, disposées à leur passer beaucoup et à se promettre de leur développement sans gêne une heureuse issue, k les autres résolues à ne considérer la révolution que comme un changement de dynastie, réalisé pour restituer au pays le régime représentatif dans toute sa sincérité, mais non pour disloquer le mécanisme du pouvoir ou affaiblir le principe d'autorité, unique base d'un système libéral, durable et fécond.

Et encore n'était-ce là que les termes extrêmes des opinions des membres du cabinet, entre lesquelles se plaçaient, sur la conduite politique à tenir, des appréciations si diverses, des tendances si contraires, que la confusion la plus redoutable et la moins propre à la bonne gestion des affaires régnait entre eux. Cette

diversité de vues résultait non-seulement des incidens du présent, elle avait aussi sa cause dans les souvenirs du passé ; elle s'aggravait des sentimens, des opinions, des passions qui avaient préparé le triomphe de la révolution de juillet.

La volonté de maintenir la paix publique rapprochait sans doute le maréchal Gérard ^ et M. Guizot ; mais pour l'immense majorité du public, le maréchal était le représentant de la gloire impériale et de la dernière lutte de l'indépendance nationale contre l'étranger, tandis que M. Guizot était l'homme de Gand.

Entre M. de Broglie et M. Mole venait se placer l'ombre du maréchal Ney ; leur patriotisme l'écartait par un noble et commun effort; mais les vainqueurs de 1830 l'y replaçaient avec acharnement, et l'on vit plus tard M. de Montalivet, ministre de l'intérieur, obligé d'empêcher par la force la représentation, à la Porte-Saint-Martin, d'un drame intitulé : le Procès du maréchal Ney^ dans lequel l'appel nominal devait être fait sur la scène.

M. Bignon touchait à l'empire, tandis que M. Dupont était tout près de la république. MM. Casimir Perler, Sébastiani, Laflitte et Dupin avaient fort peu de

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