‹ Le procès des ministresChapitre 93 sur 151 · Né à Damvilliers (Meuse) 1773, mort ea · texte numérisé non relu

Né à Damvilliers (Meuse) 1773, mort ea

confiance dans les doctrinaires, MM. de Broglie et Guizot, comme hommes d'action. Ils ne partageaient d'ailleurs nullement leur dédain pour la popularité, qu'ils regardaient en ce moment de crise populaire comme une force, quand elle avait été loyalement et consciencieusement conquise. Quant à l'opinion sur l'application de la peine de mort aux ministres de Charles X, le conseil s'était montré d'abord unanimement empressé d'adopter la loi d'abolition générale en matière politique, qui eût déblayé le terrain de la plus dangereuse et de la plus douloureuse des questions ; mais avant comme après l'échec de l'appel fait en vain à la générosité publique, — échec constaté par la note du Moniteur et rendu définitif par la proclamation du préfet de la Seine, M. Odilon Barrot, — un même sentiment était bien loin de régner parmi les ministres. Aucun d'eux, pas même M. Dupont, fort insensible à ce sujet, n'admettait la chute de quatre tètes; mais, comme plusieurs de ses collègues, ce dernier accordait, non à la vengeance, mais à la justice, celle du plus coupable des accusés, celle du prince de Polignac.

Cet état de l'intérieur du personnel gouvememen-

tal réagissait au dehors où il éclatait en de nombreux et afiligeans symptômes, et réciproquement l'état des

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