‹ Le procès du baiser; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 5 sur 35 · I.LFRED , gaiment · texte numérisé non relu

I.LFRED , gaiment

Ma foi , je vous assure qu'il n'y aurait rien là de bien impossible : depuis trois ans que je clierche une femme sans me décider, je n'en ai pas vu de plus jolie, et j'en ai vu beaucoup qui n'étaient pas de si bonne humeur...

GEORGETTE

Comment, voilà trois ans que vous cherchez, et vous n'avez pas encore trouvé?... Il faut que monsieur soit bien

difficile :

ALFRED

Mais, pas trop... Je me suis dit, en commençant mes voyages , il est temps de me marier ; qu'est-ce qu'il faut pour être heureux?... Lne femme jeune , riche , belle, musicienne , spirituelle et vaccinée... Eh bien! je n'ai jamais pu mettre la main dessus... et cette idée m'a déjà coûté bien des frais de poste.

GEORGETTE

Ali ! tenez , monsieur, vous me faites rire , et pendant ce temps là...

Un moment , vous m'avez promis de m'écouter. . . Ditesmoi donc un peu ce que je pourrais faire dans cette petite ville pendant qu'on raccommode ma calèche, car les routes de votre duché de Berg sont aussi mauvaises que ses auberges sont incommodes... les jours de bal, s'entend; il n'y a pas moyen de lire avec le tapage de vos convives , qui va se renforcer tout-à-l'heure de celui de vos musiciens... Voyons, indiquez-moi quelque curiosité.

GEORGETTE , faisant quelques pas jjour sortir.

Mais il fait déjà nuit.

ALFRED , la retenant.

C'est , ma foi , vrai , et je n'aurai pas même la ressource du sommeil.

GEORGETTE , à part.

Mais, au fait... Eh I oui, c'est un moyen de m'en débarrasser. (Haut. ) Nous allons chercher bien loin ce qui peut vous distraire, quand vous en avez ici même l'occasion... Venez au bal...

ALFRED

Sans invitation... Vous plaisantez?...

GEORGETTE

Rien n'est plus simple, mon père est autorisé par monsieur Pétersthal, le bourgmestre, à faire entrer les voyageurs dont il pourrait répondre , les gens comme il faut, et je crois qu'à cet égard-là. . .

ALFRED

Ohl je ne déparerais pas la société; vous avez raison... c'est original de faire un tour de valse entre deux relais... Mais il faudrait une toilette.

GEORGETTE

Votre malle a été détachée...

ALFRED

Et puis , d'ailleurs , s'habiller, c'est un un moyen comme un autre de passer le temps, il y a des gens qui n'ont pas d'autre occupation...

GEORGETTE

Allons , monsieur, dépèchez-vous I

ALFRED

Vous avez d'excellentes idées.

Air : Mes amis, partons bien vite. (Semaine des Aniom-s.) Vile Il faut que je profite Du plaisir Qui vient s'offrir En vérité, ma petite, Vous conseillez a ravir.

[Il s' approche pour l'embrasser. )

GEORGETTE

Ah ! dispensez-vous , de grâce , D'empressemens superflus, Pour des conseils , encor passe . . .

Mais je n' donn' jamais rien d' plus.

ALFRED

Vite, Il faut que je profite , etc.

GEORGETTE

ENS EMBLE.l Allons, que monsieur profite

|l»u plaisir Qui vient s'offrir.

Son doux attrait vous invite, Saclicz vite V Le saisir.

[Alfred sort.)

GEORGETTE , Un moment .feule.

Il voulait m'embrasser, ce monsieur!... Ces étrangers, qui ne connaissent pas nos lois, sont tous de même... Moi, qui ai été élevée dans la craintè~des baisers , je ne sais pas où je me sauverais pour en éviter un.

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