‹ Le procès Girard-Cadière [microform]Chapitre 22 sur 29 · ROMANS · texte numérisé non relu

ROMANS

Les Amours de Sainfroid, jésuite, et d'Eulalie, fille dévote. Histoire véritable suivie de quelques nouvelles. La Haye, 1729 — In- 12.

On a dit que cet ouvrage racontait les amours du père Girard et de la Cadière, mais, à moins d'une erreur volontaire dans le millésime de cette première édition, cela ne serait pas exact, puisque l'aventure qui nous occupe n'est arrivée qu'en 1731.

Il existe trois autres éditions :

La Haye, 1743. — In- 12.

La Haye, 1748. — In- 12.

La Haye, 1760. — In- 12.

et une traduction anglaise intitulées

VENUS IN THE CLOISTER, or Saindfroid and Eulalie.

qu'il ne faut pas confondre avec la VENUS DANS LE CLOITRE OU LA RELIÇÏEUSE EN CHE^ÎISE, de l'Abbé du Prat, dont la premiè-

re édition est parue vers 1682, et réimprimé dernièrement dans la collection du « Coffret du Bibliophile ».

Thérèse philosophe ou Mémoire pour servir à l'Histoire de D. Dirrag (Girard) et de Mlle Eradice (Cadière) , avec l'histoire de Mme Boislaurier.

Ouvrage célèbre et très souvent réimprimé. L'abbé Sepher en attribuait la paternité à d'Arles de Montigny, commissaire des guerres, qui fut mis durant huit mois à la Bastille. Barbier, dans son Dictionnaire des Anonymes (tome IV, p. 41), est du même avis. Mais le marquis de Sade, dans sa. Nouvelle Justine (88) (Hollande, 1797, tome VII, page 97), dit que l'auteur serait le marquis d'Argens (89). A l'appui de cette thèse, on peut invoquer que le marquis d'Argens avoue dans ses « Mémoires » (Editions de Paris, 1807, In-8°, p. 304), avoir vu les procédures les plus secrètes de l'affaire Girard- Cadière; son père, procureur général au Parlement de Provence, avait été commissaire enquêteur, délégué à Toulon, pour instruire ce procès.

La scène de Thérèse Philosophe se passe en Provence {Vencerop) et à Toulon (Uolnot). Le style en est médiocre, mais la fable est attachante. Toute la partie philosophique de cet ouvrage est empruntée. Les réflexions sur les « Passions, sur la Liberté de l'homme, sur le mot Nature, sur V Amour-propre; l'Examen de la Religion, etc., etc., se trouvent textuellement dans les pièces imprimées à la suite de VExamen de la Religion, par La Serre, (édition originale. Londres. Cook 1745. In-8°) et dans les Doutes sur les Religions révélées (imprimés pour la première fois sans lacunes. Paris 1792, In-8'').

L'Histoire de Mme de Boislaurier, qui tient presque toute la deuxième partie, offre des tableaux fort licencieux, mais il en est un au moins bien imaginé. Clément dans ses Cinq années littéraires, dit, dans la 24me lettre, « que le livre ne laisse pas de se vendre bien cher, parce qu'il est proscrit, orné d'estampes infâmes, en un mot, libertin en tout sens et à toute outrance. »

On reconnaît comme édition originale celle de :

La Haye (à la Sphère) s. d. — 2 volumes ou parties, petit. in-8° de 148 et 72 pages encadrées, avec 1 frontispice et 16 grandes figures libres, non signées, se repliant dans le volume.

Ces eaux- fortes ne sauraient être réellement du comte de Caylus auquel on les a attribuées. Cet artiste a laissé d'assez nombreux spécimens de sQn talent comme aquafortiste pour qu'on ne puisse lui

(88) R. Wredé dans « Les peines corporelles chez tous les peuples anciens et modernes )?. (Dresde, 1899, page 167), prétend que le marquis se serait inspiré de cette affaire pour écrire sa « Jiistine ».

(89) EHç a étç égajenrpnt attribuée quelquefois à Didçrot.

attribuer ces seize estampes médiocres ou même mauvaises, à l'exception d'une, toutefois, la sixième, qui est un chef-d'œuvre. Elles sont d'un dessinateur français, peut-être de Pesne, peintre de Priapées, et dont Voltaire parle dans sa « Vie privée du roi de Prusse. »

Un « Bibliophile Poitevin » signale dans V Intermédiaire dés Chercheurs et Curieux (tome xix-60) une édition toute semblable, comme texte, mais n'ayant qu'une seule figure, la 16me, représentant les Fêtes de Priape, se dépliant, les autres étant du format du volume.

Dans la collection Hankey se trouvait une édition parue sans doute à peu d'intervalle de la Ire, avec l'indication: « Edition correcte et corrigée ». Dans celle-ci, les figures sont gravées au burin, au lieu de l'être à l'eau-forte. Chaque titre y porte une couronne comme fleuron. Le premier volume a 141 pages plus une introduction, chiffrée VIII, et le 2me volume : 70 pages.

Les éditions anciennes de Thérèse philisophe sont fort nombreuses, et toutes sont devenues rares; voici l'indication de quelques-unes:

La Haye (à la Sphère), 2 voL in-8°, 144 et 71 pages.

La Haye. 2 v. petit in-8°, 141 et 69 pages.

S. 1. n. d. — 2: vol. in-8° de 182 et 87 pages de texte, encadré, 1 vignette sur chaque titre ; 2 frontispices, 22 belles figures in-8° par Delaroche, artiste hollandais.

Londres, 1771 et 1776, très petit in- 12 de 172 pages, avec 20 figures libres, y compris . le frontispice.

La Haye, 170000, très petit in- 12.

Glasgow, 1773 et 1776, petit in- 12, 20 figures.

Les caractères de ces petites éditions sont très fins.

Paris, chez moi, malgré lui, 1774, sans approbation, ni privilège. Avec une épigraphe de Freret, tirée des lettres de Thrasybule à Leiicippe.

Une préface de huit pages, particulière à cette édition. Les figures au nombre de douze, paraissent empruntées à quelque série d'estampes gravées en Hollande, au commencement du xviii^ siècle dans l'école de Bernard Picart.

6me édition, plus correcte et plus complète que les précédentes. Paphos, chez les frères Cupidon, à l'enseigne de Vénus- Uranie. — 2 parties en 1 vol. petit in-8°.

Avec une suite de 18 figures fort dissemblables entre elles pour les dimensions, le dessin et la gravure, elles peuvent avoir appartenu dans le principe à différentes suites gravées pour les éditions précédentes, mais elles ont été réunies en une seule pour cette édition ainsi que l'indiquent les lettres de classement A à RT.

Cette édition a été contrefaite à une époque plus récente.

Londres, 1780 — 2 tomes ou parties, grand in-8°, 99 et 66 pages. .

loi

Les gravures de cette édition diffèrent de celles des autres éditions.

Londres (La Haye), 1783. — 2 vol. in- 12, 2 frontispices, 2 titres et 36 iRgures libres.

Les illustrations de cette édition, extrêmement rare, paraissent à Cohen devoir être attribuées à Binet. Leur nombre prouve que Cazin a eu tort de dire sur le titre de l'édition de 1785, qui n'en contient que 20 : « ornée d'un plus grand nombre de figures que toutes les précédentes ».

Londres (Paris, Cazin), 1785. — 2 vol. in- 18 161 et 80 p. 20 figures par Borel, gravées par Elluin, non signées.

Ces figures sont très soignées et très fines comme toutes celles qui sont dues à l'association de ces deux artistes hors ligne dans le genre erotique; les costumes sont de la fin du règne de Louis XV, époque à laquelle les chapeaux des femmes avaient parfois des dimensions extravagantes.

Cazin fit de nouveaux tirages de cette édition, en 1791, 1796, 1797, 1800. Les anciens tirages sont les plus recherchés.

Une imitation de l'édition Cazin de 1785 existe en 2 vol. in- 12. La plupart des figures sont, sinon les mêmes que celle de la précédente, du moins parfaitement copiées. L'une pourtant est entièrement différente; c'est celle de la 2me partie, qui représente la scène entre Thérèse, sa compagne, le courtisan et le valet de chambre; elle est d'une moins bonne exécution.

L'édition de Cazin fut souvent contrefaite sous les rubriques de; Londres, Paris, Bruxelles. Un second tirage des jolies figures de Binet et d'Elliun a été placé dans une édition qui a pour titre simplement : Thérèse Philosophe.

A Constantinople, de l'imprim. du serrail (sic) 17000000.

In-16.

Au. Bazar, 1797. — In- 12.

orné de 20 .figures à la manière noire.

A partir de 1825 il y a eu un grand onmbre de réimpressions de ce roman, mais la plupart très mal faites, avec de mauvaises lithographies sans valeur. La seule qui mérite une mention est celle de

La Haye (Bruxelles), sans. date (1866 et 1868). — In- 12 de 182 pages.

avec 20 figures gravées sur acier et reproduisant celles de l'édition Cazin. Cette édition est précédée d'une « Notice bibliographique ».

La plus récente édition que nous connaissons est :

Au Palais, sous les Robes, 1882. — In- 12.

La destruction de cet ouvrage immoral et anti-religieux a été ordonné :

1" Par Jugement du Tribunal correctionnel de la Seine, du 6 juin

iol

1822, condamnant Jean François Leroux, libraire à Paris, à deux mois d'emprisonnement et 500 fr. d'amende.

2" Par Jugement du même Tribunal^ en, date du 25 février 1825, condamnant Basson, Bourrut, Cottenet et Merlot, colporteurs et libraires, à des peines variant de 3 mois à 1 an de prison et à de fortes amendes.

3" La Gazette des Tribunaux des 13, 20 mai et 3 juin 1865, contient de curieux détails sur les débats d'un procès qui se termina par la condamnation de 10 prévenus, à des peines et amendes diverses, pour outrages à la morale publique et religieuse, ainsi qu'aux bonnes moeurs pour impression, vente et colportage de huit gravures obscènes et 87 ouvrages immoraux, dont la « Thérèse Philosophe ». Parmi les condamnés se trouvaient les libraires éditeurs bien connus : Poulet- Malassis et Jules Gay.

Bien que sortant de notre sujet, mais simplement pour démontrer la vogue qu'eut au xviii" siècle ce roman, mentionnons le livret politique suivant :

APPARITION DE THERESE PHILOSOPHE à Saint- Cloud, ou le Triomphe de la Volupté. — Dédié à la Reine. Ouvrage volé dans la poche d'un aristocrate par M. Barnave... A Saint-Cloud, chez la mère des Grâces, 1790. — In-I2, 24 p.

(Bibliot. Nationale L b 39 — 3812. Res.).

(Malgré son titre, ce pamphlet réactionnaire est surtout dirigé contre la garde nationale de Paris).

Histoire de D. Ranucio d'Alètes, écrite par lui-même (par

Ch. G. Porée) .

Venise, 1736. 2 tomes in- 12, avec figures.

Dans certains exemplaires ,on trouve une clef manuscrite oîi l'on resmarque entr'autres noms ceux du père Girard et de Catherine Cadière.

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