‹ Le procès Pache (extraits du dossier)Chapitre 52 sur 66 · PACHE AU CONSEIL GENERAL DU DEPARTEMENT DU PAS-DE-CALAIS · texte numérisé non relu

PACHE AU CONSEIL GENERAL DU DEPARTEMENT DU PAS-DE-CALAIS

Paris Je ii juin lyÇ}, Viin ^^ de la République.

Frères et amis.

Votre adresse à la Convention a ajouté encore à notre énergie, les principes que vous professez sont les nôtres ; unité et indivisibilité de la République, bonheur du peuple, égalité de droits, destruction de toute la tyrannie, le prompt achèvement de la constitution, voilà l'objet de nos peines, de nos vœux et de nos sacrifices. C'est pour obtenir ces biens si précieux pour la société

(i) Bibl. nat., Lb*'/3099. Réponse de l'assemblée générale du département du Calvados à la lettre adressée par Pache, maire de Paris, aux administrateurs de district, tendante à rétablir la libre circulation des subsistances du Calvado vers Paris. — Du 21 juin 1793. Caen, imp. de Le Roy, 1793, in-8.

que nous avons bravé même les calomnies dont on nous accable, et nous croyons faire plus que de mourir. Ah ! pourquoi tous les départements ne secondent-ils pas nos efforts ainsi que vous l'avez fait, pourquoi quelques-uns sont-ils égarés au point de vouloir s'armer contre nous! Ils ne savent donc pas que nous ne pouvons verser le sang de nos frères mêmes égarés et que nous n'avons de courage que contre les despotes et les ennemis de l'égalité et des hommes. Comment ne voient-ils pas que la constitution que nous voulons, que nous demandons à grands cris doit assurer leur félicité comme la nôtre et qu'elle doit être sanctionnée par eux comme par nous, que par conséquent elle sera l'ouvrage de toute la France et non pas de Paris seulement Cette seule observation devrait faire taire toutes les haines, faire exécrer les calomniateurs qui nous poursuivent avec un acharnement dont le crime seul est capable; leur punition et notre récompense seront dans le bien que nous aurons fait malgré eux, notre vengeance se bornera à les accabler de cette pensée, c'est que quelque affreuses que soient les infamies dont ils nous ont abreuvés, quelque horribles que soient les transes, les souffrances qu'ils nous ont fait endurer, si la liberté triomphe, nous ne croirons pas l'avoir encore achetée assez cher. C'est déjà un prix bien doux pour nous de vous voir partager nos sentiments. Recevez le baiser de la fraternité et l'assurance que nous sommes prêts à faire de nouveaux efforts pour le salut de la patrie.

Le Maire de Paris.

LES RÉPUBLICAINS DE BLOIS A LEURS FRERES DE PARIS (i).

Biais, h' ^ juin 7/95, I\Tn 2^ de la Rcpithliqiic.

Frères et amis,

Nous ne vous rappellerons pas tous les services que vous avez rendus à la chose publique.

Nous ne vous dirons pas que l'univers a les yeux sur vous.

Nous ne vous dirons pas non plus que vous avez l'amour de tous les républicains du département.

Mais nous vous dirons : Parisiens, vous venez de sauver la patrie. Parisiens, vous venez de poser les bases inébranlables de la République.

Vos frères de Blois sont jaloux d'être les premiers à vous rendre cet hommage.

Les membres composant le comité de correspondance :

Arnault, Placiard, Rucault, Thierry, Caillou.

(i) Adresse : au citoyen Chauinette, procureur de la commune à la maison commune à Paris. — (à la Ville.)

RÉPONSE DU MAIRE DE PARIS AUX CITOYENS COMPOSANT LE COMITÉ DE CORRESPONDANCE DE LA VILLE DE BLOIS.

Paris le ii juin i/Ç}, Van 2^ de la République.

Les départements nous calomnient, d'autres nous approuvent; quel que soit l'événement, nous sommes tranquilles, nous avons voulu sauver la République ; nous l'avons débarassée des intrigants, qui voulaient reconstituer l'aristocratie sur les débris du despotisme. Nous avons voulu que la nouvelle constitution qui va enfin, grâce à l'énergie des parisiens, s'achever, fut une conséquence juste de la déclaration des droits, et non plus une contradiction manifeste des vrais principes. Nous avons voulu enfin qu'elle fut toute à l'avantage du peuple ; vous êtes républicains, le même esprit vous anime, vous êtes prêts à mourir pour défendre la même cause ; nous n'avons sur vous que l'avantage d'être à l'avant-garde, nous embrassons nos frères; si nous périssons, la Patrie sera encore sauvée, puisque vous nous survivrez.

Le Maire de Paris.

VU

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