P—= TP
Mais si le capitaliste, pour réaliser une plus-value, doit ainsi transformer son argent en force de travail et en moyens de production, l’ouvrier, lui, de son côté ne reste pas inactif : il vend sa force de travail contre de l'argent, puis échange ensuite cet argent contre des marchandises (nourriture, vêtements, etc...) On peut donc dire que les cercles de rotations de l’argent du capitaliste et de l’ouvrier s’entre-croisent. Marx insiste surtout sur l’achat de
la force de travail, sur le moment À — T qui est pour lui
(4) Le Capital, liv. IT, trad. Borchardt et Vanderrydt, Paris, Giard et Brière, 1900, pp. 1 et 2.
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le moment caractéristique (1). C'est, en effet, à ce moment que le capitaliste achète cette fameuse force de travail d’où dépend tout son profit. C’est alors que capitalistes et ouvriers entrent en relations, auparavant il y avait d’un côté le capitaliste avec ses moyens de production et de l’autre le travailleur avec sa force de travail : /es travailleurs non propriétaires en face des non travailleurs propriétaires (2). Et c’est seulement, quand il y a eu rapprochement des uns et des autres, assemblage des travailleurs et des moyens de production que le procès de production lui-même peut commencer (3). Nous avons donc déjà trois cercles de circulation sous les yeux : celui quia lieu entre le capitaliste et les vendeurs de matières premières, de machines, les propriétaires des terrains nécessaires à l’emplacement des usines, les constructeurs de bâtiments, architectes, entrepreneurs; celui qui se forme entre capitalistes et ouvriers ; et enfin, le cercle qui a lieu entre le capitaliste, devenu industriel, qui vend ses marchandises et le public qui les achète.
$ 2. — Reproduction simple el progressive. — Au commencement du procès de production, le capitaliste avait
versé la valeur À au marché et en avait retiré M ; à la
(1) Le Capital, I, p. &.
(2) Le Capital, Il, p. 41.
(3) Id., p. 16 : « Quelles que soient les formes sociales de la production, les travailleurs et les moyens de production en restent toujours les facteurs virtuels, tant qu'ils sont séparés, et qui n’agissent réellement que lorsqu'ils sont unis les uns aux autres. »
fin du procès, il se trouve en possession de M + m#, il retourne au marché et en retire cette fois À + 4. Que représente »? C'est le surproduit créé durantle procès. Que représente a? C’est l'argent que le capitaliste a retiré de la vente du surproduit : »7, c'est la plus-value encore à l’état de marchandise ; à, c’est la plus-value réalisée en argent. Marx voit ici ce qu’il appelle « la première métamorphose de la plus-value passant de la forme marchandise à la forme argent... à la fin du procès, la valeurcapital se retrouve donc sous la forme qu’elle avait lorsqu’elle y est entrée ; elle peut le recommencer et le parcourir ànouveau comme Ccapital-argent(1).» Mais dans cette seconde rotation, le capitaliste peut ou bien lancer seulement son capital primitif À ou bien son capital augmenté de plus-value À + a. On peut poser À - a =- À’. Qu'il agisse d’une façon ou de l’autre peu importe, car A’, jouera le rôle de À sans qu’on songe à y distinguer ce qui est À et ce qui est a (2). Nous serons simplement en présence d’un capital plus grand, d’une masse de plusvalue plus considérable qui aura fait boule de neige en quelque sorte : l'argent aura engendré l'argent (3). Le cycle parcouru par le capital, c'est-à-dire par la plusvalue coagulée, peut donc s'exprimer simplement par A — A’.
(1) Le Capital, I, p. 25.
(2) Zd. p. 28.
(3) Zd. p. 38.
106 DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE Il
En fait le capitaliste ne relancera pas. dans le procès, A’ tout entier, il en distraira une partie ou la totalité pour sa consommation personnelle. $’il emploie a tout entier pour ses besoins personnels, nous allons voir cette parcelle de plus-value a, parcourir un cycle particulier, au lieu d'accompagner À dans le cycle indiqué ci-dessus. Le capitaliste va convertir « en subsistances, en marchandises, on aura donc 4 —7n. Quant à la somme A, elle pourra recommencer le cycle parcouru, mais comme elle sera restée identique à elle-même, un tel fonctionnement sera celui de la reproduction simple.
Si, au contraire, le capitaliste ne dépense pas pour lui toute la plus-value a (ceci rappelle la théorie de l'abstinence), nous aurons l’accumulation et la reproduction sur une échelle progressive. Mais souvent a est trop petit pour être relancé dès qu’il est produit, dans le procès de production. Si un industriel qui marche avec quatre machines, veut en acheter une cinquième, il peut fort bien se faire que cette somme de plus-value à soit insuffisante pour lui permettre d’acheter cette machine nouvelle, d'augmenter sa provision de matières premières pour l’alimenter et de payer quelques ouvriers supplémentaires pour la diriger. Il devra peut-être attendre trois ou quatre ans pour faire cet agrandissement. En atten-. dant, il thésaurisera, non pas à la façon d'Harpagon, en enfermant son or dans une cassette, mais il achètera, par exemple, des actions, des obligations ; il lancera, cette
part, trop petite pour qu'il l’utilise lui-même, dans le cyele
d’autres capitaux industriels (1). Cette plus-value, mise en réserve, peut avoir un emploi autre que celui auquel elle était destinée : il peut se faire, qu’à un certain moment, le capital primitif À ne soit plus suffisant, par suite d’une hausse des matières premières, pour maintenir la production à la même échelle. Pour ne pas être amené à une reproduction dégressive, l'industriel aura recours à sa réserve dans les proportions nécessaires. « En réalité, dans des conditions normales, la plus-value est partiellement dépensée comme revenu et partiellement capitalisée, ce qui n’empèche pas que parfois, elle soit entièrement dépensée et parfois, entièrement capitalisée. » Pour ne pas compliquer, nous avons simplifié la façon dont Marx présente toutes ces rotations, nous pouvons en ma-
nière de résumé indiquer qu'il distingue trois cycles :
Pele-eycre duéapital-argent A... A IAE cycle duscapital produchf P°. Sd III. Le cycle du capital marchandises M....... M.
Pour le cycle 1, Marx part de la forme argent ; pour le cycle II le point de départ est le capital productif (c’està-dire l'assemblage des moyens de production et de la force de travail, soit P»2 T); pour le cycle HI, il part des marchandises.
$ 3. — À proposde ces trois formules, Marx a quelques
(1) Le Capital, W, p. 64.
108 DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE Il
lignes particulièrement intéressantes pour nous puisqu’elles ont rapport à la circulation physiocratique ellemême. Il s'exprime dans les termes suivants : « Dans la figure 11, c’est l’ensemencement (les « avances » d’après la terminologie des Physiocrates), et dans la figure IT, la récolte(les «reprises » qui constituent le pointde départ...) Quesnay a pris M — M’ comme base de son Z'ableau économique ; il a fait preuve de beaucoup de tact en préférant cette figure à P.....P’, pour l'opposer à la figure A.....A? du système mercantile (1). »
Pour résumer ces brefs développements sur les circulations décrites par Marx, nous pouvons dire qu’elles ont lieu d'entrepreneurs à salariés, d'entrepreneurs à entrepreneurs, d'entrepreneurs à capitalistes, d'entrepreneurs à commerçants, médecins, avocats, de ces derniers à capitalistes, et enfin, de capitalistes à capitalistes. IL y a ainsi toute une série de courbes qui se fontet se défont, qui sentre-croisent et dont l’amplitude varie suivant les
Cas.
Le Tableau d’Ensemble de la Circulation chez Quesnay et chez Marx.
A. — Rôle de la monnaie. — Ces diverses circula-
(1) Le Capital, IL. p. 87.
tions sont rendues possibles grâce à l'argent et le rôle que Marx fait jouer à la monnaie, dans la circulation, est tout à fait analogue à celui que lui font remplir les Physiocrates. Quesnay et Marx envisagent l’argent en tant qu'instrument de circulation, tout deux se rendent compte qne cet instrument rendra d'autant plus de services qu’il circulera plus vite (1), tous deux se font une idée
semblable du cycle parcouru par la monnaie (2), cycle
(1) Le Capital, I]. p. 338 : « … De même, un écu qui circule dix fois n’est toujours qu'un écu. bien qu'il exerce la fonction de dix écus ; la main qui le possède après chaque transfert, ne tient jamais qu'un écu... Grâce à sa rotation dix fois renouvelée, le capital de 500 liv. st. accomplit la fonction d'un capital dix fois plus grand (donc de 5,000 liv. st.). tout comme 500 pièces d'un éen, qui circuleraient dix fois en un an, accompliraient la mêine fonction que 5,000 écus qui ne circuleraient qu'une fois. »
V. également (T'heorien über den M-hrwert, erster Teil) la partie de « Anhang zu dem Tableau économique » où Marx étudie La masse d'urgent exigée pour la circulation; v. notamment p. 115 : « În dem obigen Beispiel [ zirkulieren 1,000 Geld dreimal, und zwar Ware zum Belauf von 3.000 Geld. Die Masse des zirkuliereuden Gel 3,000 Preissumine
3 Umläufe
(2) Le Capital, W, p. 379 : « Les Physiocrates, bien qu'ils confondent les deux phénomènes, sont pourtant les premiers qui aient signalé ce retour de la monnaie à son point de départ comme la
des ist daher — —= 1,000 Geld. »
forme essentielle de la circulation du capital, ayant pour effet de permettre la reproduction. « Jetez les yeux sur le Tableau économique, vous verrez que la classe productive donne l’argent avec lequel les autres classes viennent lui acheter des productions, el qu'elles lui rendent cet argent en revenant, l’année suivante, faire chez elle les mêmes achats... Vous ne voyez donc ici d'autre cercle que celui de la dépense suivie de la reproduction, et de la reproduction suivie de
110 DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE li
dont le cours est déterminé par les mouvements de la plus-value et du produit net eux-mêmes.
B.— Les différentes circulations. —CGe point préliminaire constaté, la circulation du produit net et celle de la plus-value nous apparaissent comme présentant des ressemblances frappantes.
Marx l’a senti lui-même. De là le jugement favorable qu’il porte sur le Tableau économique. « Le Tableau économique de Quesnay, dit-il, montre à grands traits comment la valeur du produit annuel d’une nation se répartit par la circulation et rend possible, toutes circonstances
égales, la reproduction simple, c’est-à-dire la reproduction
à la même échelle. Avec raison, il prend pour point de départ de la période de production, la récolte de l’année précédente. Les innombrables actes individuels de la
circulation sont immédiatement embrassés dans leur
la dépense, cercle qui est parcouru par la circulation de l’argent, qui mesure la dépense et la reproduction. » Quesnay, Problèmes économiques, édit. Daire, Physiocr., 1, pp. 208 et 209. — « C’est cette avance et cette rentrée continuelle des capitaux qu’on doit appeler la circulation de l’argent, cette circulation utile el féconde qui anime tous les travaux de la société, qui entretient le mouvement et la vie dans le corps politique et qu'on a grande raison de comparer à la
circulation du sang dans le corps animal. » Turgot, Féfleæions, etc., Œuvres, ed. Daire, I, p. 45 — Cf. également : Theorien über den Mehriwert, erster Teil, p. 17 : « Ce qui est, avant tout, remarquable
dans ce Tableau et ce qui devait en imposer aux contemporains, c’est la façon par laquelle la circulation de l'argent ne paraît être déterminée que par la circulation et la reproduction des marchandises, en fait, par le procès de circulation du capital. »
‘ensemble et vus comme un mouvement social entre les
individus groupés en classes, d’après leurs fonctions économiques (1) ».
Chez Quesnay et chez Marx on peut distinguer diverses sortes de circulations. IL est possible de diviser ces circulations en catégories distinctes, suivant qu’elles ont lieu à l'intérieur du procès de production, mi-partie à l’inté-
rieur et à l’extérieur ; ou bien à l'extérieur seulement.
(1) Le Capital, Il. p. 399, ou Theorien über den Mehrwert, 1, p.85. Cf. Theorien über den Mehrwert, 1, pp. 91 et 92 : «Malgré tout cela le Tableau était une idée très ingénieuse. C'était un essai de représenter le procès entier de production du capital comme procès de reproduction, la circulation seulement comme la forme de ce procès de reproduction ; la circulation de l'argent seulement comme un élément de la circulation du capital; d’enfermer en même temps dans ce procès de reproduction la source du revenu, l'échange entre le capital et le revenu, le rapport de la consommation reproductive et définitive; d’enfermer dans la circulation du capital la circulation entre les consommateurs et les producteurs (en fait entre le capital et le revenu); enfin de représenter la circulation entre les deux grandes parties du travail productif — la production des matières premières et l’industrie — comme éléments de ce procès de reproduction; et tout cela dans un tableau qui, effectivement, ne comprend que cinq lignes joignant six points d'aller et de retour — dans le premier tiers du xviue siècle, la période d'enfance de l’économie politique. C'était sans doute l’idée la plus ingénieuse dont l’économie politique se fût rendue coupable Jusque là. : On comprend alors la phrase hyperbolique du marquis de Mirabeau citée par Adam Smith, avec un peu d'ironie : « Depuis l’origine du monde, il y a eu trois grandes découvertes : la première fut la formation de l'écriture; la deuxième, l'invention (sic!) de l'argent; la troisième, c’est le Tableau économique, le résultat et le couronnement des deux autres. »
1142 DEUXIÈME PARTIË. — CHAPITRE Il
IL est permis d'adopter un autre mode de classification et de parler d’une petite et d’une grande circulation, ou d’une circulation physico-sociale et d’une circulation sociale.
Enfin en se plaçant à un autre point de vue, on aura une circulation statique ou dynamique, suivant que la reproductioa aura lieu à la même échelle ou sur une échelle progressive.
Mais, à notre avis, il est une façon particulièrement claire d'envisager tous ces cercles de circulation, c’est de se placer au point de vue des c/asses sociales. Pour Quesnay, la société se partage en trois classes : la classe stérile, la classe des propriétaires, la classe des laboureurs ; Marx admet aussi l'existence de trois classes : propriétaires, capitalistes et salariés. Mais les divisions de Marx et de Quesnay ne se correspondent pas, nous serons donc amenés, pour la question qui nous occupe, à adopter une division de la société en quatre catégories :
Salariés de l’industrie et de l’agriculture ;
Entrepreneurs d’industrieoud’agriculture (fermiers) (1);
(1) Cette assimilation de l'entrepreneur fermier à l'entrepreneur industriel est indiquée par Marx lui-même dans les pages qu’il consacre à Turgot: « La classe stipendiée industrieuse estelle-mème divisée en « entrepreneurs capitalistes et simples ouvriers » Theorien über den Mehrwert. 11 en est de mème pour les entrepreneurs fermiers et pour les entrepreneurs industriels. Ces derniers doivent, comme les autres, rentrer dans leurs avances et toucher un profit ». V. Theorien über den Mehrwert, 'erster Teil, p. 57. Cf. Le Capital, II 11, p. 189 : « A nos yeux le fermier produit du blé comme l'industriel fabrique du fil ou des machines »
Propriétaires de terre ou d’argent (capitalistes) ;
Classe ne produisant ni plus-value, ni produit net (commerçants et individus exerçant une profession libérale).
a) La première circulation que nous avons à examiner est celle qui a lieu entre les travailleurs et ceux qui les font travailler. Cette circulation a été envisagée par Quesnay et par Marx. Elle est fort simple. Elle est identique chez nos deux auteurs : les fermiers donnent une certaine somme d’argentcomme salaire aux travailleurs qu’ils emploient, ceux-ci ont besoin de nourriture, ils rendent donc une partie de cette somme aux fermiers. Le même mouvementa lieu entre les industriels et les artisans. Et il se produit de plus un chassé-croisé puisque les ouvriers agricoles achètent des vêtements aux industriels et les salariés de l’industrie achètent de la nourriture aux fermiers. Comme Marx ne fait pas de distinction entre l’industrie et l’agriculture, le cycle entre salariés et capitalistes (peu importe que les qualités de capitaliste et d’entrepreneur soient réunies ou non sur la même tête) apparaît avec netteté. Le capitaliste donne de l’argent à l’ouvrier, qui à son tour, rend cet argent au capitaliste. L'argent part du capitaliste, et lui revient : il s'éloigne du capitaliste-acheteur et se rapproche du capitaliste-vendeur. « Le capitaliste achète avec de l’argent du travail à l’ouvrier, l’ouvrier avec ce même argent achète des marchandises au capitaliste. Le même argent apparaît d’abord
comme moyen d'achat de travail et plus tard comme M. — 8
114 DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE Il
moyen d'achat de la marchandise » (1). L'ouvrier est successivement vendeur et acheteur.le capitaliste acheteur et vendeur. Du côté du capitaliste, le mouvement est donc donné par la formule argent-marchandise-argent et du côté de l’ouvrier, par la formule marchandise-argentmarchandise. Et ces mouvements ont lieu et dans la circulation physiocratique et dans la circulation marxiste.
b) La seconde circulation s’établit entre fermiers et propriétaires chez Quesnay, entre entrepreneurs (agricoles ou industriels) et capitalistes (propriétaires de terre ou d'argent) chez Marx. Ce sont eux les propriétaires de terre ou d’argent qui reçoivent le produit net et la plusvalue, les uns et les autres jouent un rôle analogue. L’argent, part des capitalistes, prend la forme marchandises et leur revient sous la forme argent. Il y a aussi une autre circulation parallèle à celle-ci qui a lieu entre capitalistes et entrepreneurs, et qui est déterminée par les besoins (tant en produits de la terre que de l’industrie) des capitalistes. Pour Marx ce dernier mouvement est simple, pour Quesnay il est double : un courant s’établissant de propriétaires à laboureurs et un autre de pro-
priétaires à industriels.
(1) Theorien über den Mehrwert, erster Teil, Anhang zu dem « Tableau économique », p. 102 et p. 101.« Der Kapitalist zahlt dem Arbeiter den Arbeitslohn in Geld; der Arbeiter kauft damit Ware vom Kapitalisten, und so strômt das Geld zu diesem zurück. »
c) La troisième circulation est celle qui part de la classe stérile des commerçants ou individus exerçant une profession libérale et qui aboutit par divers rameaux soit aux salariés, soit aux entrepreneurs, soit aux propriétaires. La classe stérile rend des services aux autres classes, elle reçoit de l’argent, puis achète des marchandises (1).
d) À l’intérieur de ces grandes circulations il peut s'établir une foule de petites circulations secondaires soit entre salariés, soit entre capitalistes (2), soit entre commerçants ou individus exerçant une profession libé-
rale.
Pour peindre ces diverses circulations, on peut dresser
les deux schémas suivants (3):
(1) On peut indiquer le mouvement qui s'établit, entre la classe stérile et les autres classes, de la façon suivante : SOELVICE —— argent ————— marchandise ———— service….,
(2) Un exemple de cette circulation nous est donné par les mouvements de capitaux qui ont lieu entre les capitalistes qui jouent à la Bourse. M. Lafargue fait remarquer qu’une telle circulation affecte en dernier lieu les producteu:s. V. La fonction économique de la Bourse, Le Devenir Social, avril 1897 — Zola nous donne un exemple de cette circulation en parlant de la femme d’un métallurgiste : « elle jetait l'argent aux quatre vents de sa fantaisie, elle croquait de ses dents blanches, comme des pastilles, ces centaines de mille francs que mille salariés lui forgeaient au branle retentissant des grands marteaux. » Travail, p. 344, Fasquelle, 1901.
(3) Ces schémas nous sont inspirés par celui que M. Denis a inséré à la fin de son ouvrage, v. Histoire des systèmes économiques, vol. I, in fine.
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