DE L.\ FLUTE
!.a Flûte (//auio) est le j)remier des instruments qu’on emploie par couple dans les grands orehastres, et ôont les parties musicales sont divisées en supérieure et inférieure, nommées première et deuxième flûtes.
Son étendue est de deux octaves et une sixte mineure, à partir du ré, sous la portée, la clef étant celle de sol. Exemple
Mais, dans raccompagnement, on trouve bien de s’arrêter au sol, tierce inférieure du si\?, note déjà passablement perçante de sa nature.
Tous les sons intermédiaires entre les deux extrêmes sont praticables, en observant c{iie ceux de la premièi e octave sont un peu faibles et sourds, et ne peuvent être bien entendus que dans le solo, ou dans un piano général de l’orchestre.
On a aussi, pour les effets bruyants, une petite flûte, flautino, ou faulo piccolo, qu’on appelle en France oclavin, parce qu’il fait entendre à l’octave supérieure tous les sons des deux premières octaves de la grande flûte, plus une tierce mineure. Exemple ....
C’est encore pour ne pas s’égarer dans les lignes postiches, que l’on écrit les notes de la petite flûte à l’octave inférieure de son diapason réel.
Les gammes diésées sont plus favorables au mécanisme de la flûte que les gammes bémolisées; et, comme celles-ci seraient encore plus difficile d’exécution, et mancjueraient davantage aussi de justesse sur Voctavin, la fabrication l’a triplé, en ajoutant au diapason de ré, qu’on vient de voir, ceux de mi b et de fa. Or, la gamme principale, ou la plus naturelle de la petite flûte comme de la grande étant encore celle de ré, c’est, à l’égard de l’ortnrm, l’instrument seul qui transporte, ou, selon la locution habituelle, qui transpose cette gamme de ré un demi-ton ou un ton plus haut.
Exemple :
font à l’oreille :
et ceux de l'octavin en fa:
N. Ji. Ce dernier diapason était autrefois celui des musi{jues militaires, ainsi que des fifres, auxiliaires des tambours. On y joignait le mode majeur d'ut, non moins brillant.
Quelques flûtes ont le pavillon (la pièce inférieure) plus allongé, c’est ce que les flûtistes appellent lu patte en ut, parce qu’elle donne ce son grave, ainsi que son demi-ton supérieur ut ÿ, lequel ne s’obtient sur la flûte en ré que par un certain relâchement des lèvres, mais sans force ni sûreté. Au surplus, l’instrument ayant plus de brillant en ré, ceux qui le jouent font peu ou point usage de la patte en ut, du moins ceux qui n’ont pas encore adopté la flûte dite de Bœlim, dont l’étendue dépasse trois octaves, à partir de cet ut, et a laquelle toutes les sortes de gammes paraissent convenir également, avec une justesse plus précise dans toutes (A).
La flûte, enfin, est à la fois un instrument doux et brillant, tendre et gai, sur lequel les chants larges et les traits vifs produisent tout leur effet.
Quant à Voctavin, il a pour caractère une gaité bruyante, un éclat strident qui le rend propre aux accents guerriers, aux joies impétueuses des bacchanales, ainsi qu’à imiter le sifflement des vents dans une tempête.
ii;OTE CO.U.^ILWE A EA FEETE ET AE.\ EASTKEMEATS A AACTIES.
'Aj Ce qui a longtemps nui à la justesse des instruments à vent, tels que flûte, hautbois, clarinetle et basson? &st la perce de leurs trous longitudinaux, établie pour la j)lus grande commodité des doigts, mais non calculée d après les règles de l’acoustique. Ce dernier mode, dont n’avaient pu s’aviser tant d’habiles facteurs, un Cenevois du nom deCouDOX l’a tenté avec succès. Bientôt après, l’Allemand Bœhm asi heureusement perfecliomie
i invention du premier, qu’il a déjà fait oublier son nom. Il est entendu que cette découverte a ses partisans et scs détracteurs. Eu théorie la méthode de M. Coche, en praticpje la belle exécution de M. Dorus, prouvent beaucoup eu faveur de la nouvelle llùte. En attendant que le temps ait accordé les parties, on cherche à appliquer le système Gordon ou Hœhm au hautbois et au basson. M. Klosé, professeur de clarinette au Conservatoire, n’a pas hésité à le faire adapter à l’instrument ipi'il enseigne.
DU H.VUTBOIS.
« Le Hautbois [Oboe), dit M. Caslil-Blazc, martial on champêtre, joyeux ou mélancolique, plaît tou- II jours. Il est rinstrument favori des compositeurs, celui dont l’usage est le plus ancien et le plus fré Il quent. Sa voix mordante, même dans ses accents les plus doux, se fait entendre au-dessus des violons.»
Ainsique tous les instruments à clefs, le liaïuhois ne brille pas moins dans le chaut que dans les traits; néanmoins, il ne faut pas ([ue le mouvement de ceux-ci dépassent une certaine vitesse.
L’étendue du hautbois est de deux octaves et une quarte, ou de —
\.li. Dans l’accompagnement, on ne dépasse guère le ré de la deuxième octave.
Les notes si et u' J au grave lui mancpiaient, avant que de nouvelles clefs les lui eussent données; mais, tous les hautboïstes n’ont pas encore adopté ces clefs. C’est un tort ; la lacune d’un seul son dans l’étendue générale de cet instrument est regrettable ; et l’absence du septième degré dans la seconde de ses gammes principales (la première est celle de fa) est un grand inconvénient.
Comme le son du hautbois a ({uekiuc analogie avec celui de la musette, on ne mamiue pas de le mettre en évidence dans les pièces du genre pastoral. Jusque-là, c’est fort bien; mais qu’un artiste, homme de iieaucoup de talent, et que l’on regrette avec raison, Brod, se soit avisé de rabaisser son instuument au niveau de celui des Auvergnats, et même d’y conformer trop souvent le style de sa musique et celui de son exécution, voilà ce qui affecte péniblement les gens délicats. On peut, dans un salon, s’amuser un instant d’une semlilablc transformation, pour ne pas dire d’une pareille caricature ; mais du moment où la plaisanterie est prise au sérieux, et jiar le pulilic et par le musicien lui-même, jaloux de plaire à la multitude, alors le connaisseur se retire.
En etl'et, ce n’est plus là rinstrument que jouait son maître, M. Vogt, avec un son si pur, si flatteur et si plein ; ce n’est pas non plus celui d’un autre de ses élèves, M. Véroust, maintenant professeur au Conservatoire ; ce n’est pas enfin le hautbois modèle, tel qu’on doit l’entendre aujourd’hui dans l’exécution musicale, portée en France à un si haut degré de perfection.