DE LA CLOCHE
Plusieurs sujets de drames lyriques ont nécessité l’emploi d’une Cloche. Par excmide celui d'JÜisa, ou le Mont Saint-Bernard, opéra de M. Chérubini.
Il entre dans les connaissances des fondeurs, principalement de ceux qui établissent des carillons, de savoir (pielles proportions ils doivent donner au volume, à l’épaisseur et au diamètre des diverses parties d’une cloche, pour (pi’elle rende tel ou tel son. C’est ordinairement le la qu’on demande, attendu que pour l’obtenir à ce diapason et s’assurer qu’elle y est conforme, on a la ressource d’une petite fourche d’acier, appelée aussi diapason, et sur lequel les instruments de l’orchestre s’accordent.
Ce son, dans l’emploi dont il s’agit, fait nécessairement partie des accords dont on accompagne les jilirascs musicales pendant lesquelles la cloche est entendue ; et, pour que ce son revienne au temps précis où il est noté, au lieu du batail qui gênerait plus qu’il ne serait utile, on a un petit marteau de fer avec lequel on est plus assuré de frap[>er toujours en mesure.
Une cloche de théâtre est d’un volume trop peu considérable pour qu’elle ait des résonnances sensibles, et ce serait un mal qu’elle en eût. Dans les grandes cloches de nos églises, au contraire, ces résonnances existent, et elles sont d’autant plus nettes et faciles à saisir, que la cloche est douée d’un plus beau timbre, D’ailleurs, ces résonnances ne suivent pas entièrement les lois qui régissent celles des cordes sonores : ici, elles sont, comme on sait, l’octave supérieure, la quinte à la douzième et la tierce majeure à la dix-septième
(lu son (le la corde entière. Là, elles font entendre, le plus communément, la tierce mineure à la dixième, la quinte à la douzième et l’octave inférieure du son principal.
Quelques cloches pourtant font résonner la tierce ou dixième majeure; mais cet intervalle y est toujours un peu bas. Telle est la grosse cloche de l’abbaye de Saint-Denis, près Paris, et dont le timbre est des plus beaux.
Les quatre cloches de la belle sonnerie de Saint-Sulpice donnent, chacune, la tierce mineure à la dixièm(* pour résonnance la plus sensible. Chacun peut faire ces observations sur toute cloche d’un fort volume ou à son grave ; mais, encore une fois, on doit s’arrêter de préférence à celles dont le timbre est franc et d’une belle qualité.
Ce que les musiciens seuls auront pu remarquer, quand plusieurs cloches sonnent successivement, ce sont les fausses relations inévitables entre le son principal de l’une des cloches et la résonnance d’une autre. On nomme fausse relation, entre deux parties faisant harmonie, la succession immédiate ou trop rapprochée de deux sons au même degré, mais à un diapason différent; effet des plus chocjuants dans beaucoup de cas. Il le serait au plus haut degré dans les exemples qui suivent, si les résonnances qui, après tout, ne frappent que les oreilles exercées, n’étaient pas absorbées en partie par les sons principaux de ces cloches. Exemple :
Tierces mineures, résonnances ordinaires des grosses cloches . .
Sons principaux de sonneries diverses. Diapason supposé. . . .