‹ Le professeur de musiqueChapitre 116 sur 174 · ET PRINCIPALEMENI' A L’OPÉRA DE PARIS · texte numérisé non relu

ET PRINCIPALEMENI' A L’OPÉRA DE PARIS

DE LA VIOLE d’aMOL'R.

Le ballet de Zémire et Azor, musique de M. Scbneitzhœffer, ainsi que quelques autres pièces, ont donné occasion de faire entendre la Viole d’amour, jouée par M. Urban, l’un de nos plus habiles musiciens (2'.

Sans abuser de cet instrument à archet, on pourrait le mettre plus souvent en évidence : les beaux sons qu’on en tire réunissent le triple attrait de l’harmonica dans l’aigu, du violon dans le medium et de l’alto dans le grave.

Cette viole est montée de sept cordes qui donnent, par leurs à vide, l’accord majeur de ré à ce diapason

Les sons simultanés sont fréc[uenls, par la facilité qu’on a d’embrasser plusieurs cordes avec l’archet. Les arpèges ne sont pas moins d’usage, et leur effet en justifie l’emploi.

Tout bon violoniste, avec un peu de travail et d’habitude, parvient promptement à jouer de la viole.

(1) On sait que la répéliUon des qualre sons de chaque sonnerie se prolonge autant qu’on le juge nécessaire.

(2) Né à Strasbourg, mort à Paris en 1845.

(.3) Il y a d’autres manières d'accorder l’instrument.

il6

d' amour ; de même qu’il réussit à exceller sur l’alto. Aussi l’habileté n’est-clle pas rare sur ce dernier instrument; mais l’autre est bien moins pratiqué, et il est à craindre qu’il ne manque bientôt à la musique.

Deux instruments d’une autre espèce ont été entendus à l’orchestre du même Ibéâtrc, savoir : le Glass- CORD dans les Mijstèren fVIsis, parodié de la Flûte enchantée de Mozart; et I’Harmonica de Franklin, dans la Lampe merveilleuse, oj)éra de Nicole Isouart (i).

Ces deux instruments ont le timbre cristallin et pénétrant que l’on tire des verres en se jouant, avec cette différence que sur ï harmonica on est libre de poser les sons, de les prolonger ou de les quitter subitement; au lieu que le glass-cord doit être touché avec une extrême légèreté, en faisant sautiller les doigts en (juelque sorte; car n’ayant pas de moyens propres h éteindre les vibrations, il y aurait une perpétuelle confusion dans les sons, si l’on eberebait à les lier comme sur le piano.

Le charme tout particulier attaché à ces instruments, la qualité surnaturelle de leur timbre les rend essentiellement favorables à l’expression d’une musique céleste, comme dans l’opéra de Xicolo, ou à conjurer des esprits redoutés, comme dans celui de Mozart.

Page 1