HOTES
(A) C’est ce que prouve la machine pneumatique, sous le récipient de laquelle le son d’un petit carillon, dont le marteau ne cesse de frapper le timbre, perd peu à peu de sa force ii mesure qu’on opère le vide, et finit par s’éteindre totalement; tandis que l’intensité du même son augmente, au contraire, dès que l’air pénètre de nouveau sous le récipient.
(B) Bien des gens s’étonnent de ce que le Cor est entendu au moment môme où l’exécutant l’embouche, malgré la multiplicité de ses contours ; mais l’étonnement cesse quand on sait que l’air exerce la même élasticité dans tous les sens, indépendamment de l’extrême vitesse avec laquelle il se propage. Il est donc indifférent que des tubes soient courbes, contournés en’spirale, ou déployés en ligne droite. C’est, en un mot, par ces qualités particulières au son, qu’il se répand dans l’espace avec la même spontanéité que celle d’une lumière qui, apparaissant tout à coup, éclaire au même moment tout ce qui l’environne.
(C) Lorsque le bruit n’était pas encore de mode en musique, on se servait à l’orchestre de trompettes courbes, c’est-à-dire légèrement cintrées, dont les sons avaient autant de douceur et de moelleux que ceux des trompettes droites ont de force et d’àpreté. Pour produire les sons factices avec ces dernières, il faut allonger le bras dans le sens de l’instrument, afin que la main puisse atteindre au pavillon ; mais, outre que cette pose a peu de grâce, et que le moyen mécanique est par trop ostensible, l’émission de ces sons est moins sûre et facile que sur les trompettes courbes. Au surplus, l’instrumentiste n’use des sons factices que dans les solos qu’il compose pour témoigner de son habileté. Rare en France, cette habileté est commune en Allemagne.
(D) De longues observations nous ont prouvé jusqu’à l’évidence qu’une bonne constitution physique, ainsi que la parfaite conformation des organes vocaux, contribuaient puissamment à la belle qualité du son sur les instruments à vent. Il en est autrement parmi ceux qui jouent les instruments à archet, quant au volume du son joint à sa beauté, parce qu’ici, où c’est le système nerveux surtout qui est mis en action, l’homme aux apparences athlétiques peut être vaincu par l’énergie d’un individu frêle et délicat en apparence. Dans une concertante à deux violons. Rode s’élevait au-dessus de Kreutzer aîné par la puissance de ses sons; et l’habileté supérieure de ce dernier, comme grand musicien, ne pouvait suppléer les avantages de son émule en exécution. Ceux qui ont pu voir à Paris le savant compositeur Spohr, et l’entendre sur le violon, sauraient dire si sa haute stature et sa charpente herculéenne étaient en rapport avec le filet de son qu’il tirait de son instrument.
(1) Voir, à la Bibliothèque du Conservatoire, l'intéressant ouvrage de Villoteau, l’un des membres de la Commission d'Egypte, sur la musique des Arabes et des Egyptiens modernes.
FIN DE l’introduction.
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