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Une sorte de révolution musicale a eu lieu dcjuiis dans les musiques militaires : d’abord en supprimant les hautbois et les bassons ; puis en abaissant le diapason des instruments conservés, et le rendant par là
au.ssi sourd qu’il avait été éclatant jusqu’à l’époque de ce grand changement. On a donc substitué les modes tant soit peu sombres de mi\>, si ht, et de la h surtout, aux modes brillants de fa et d'ut ; et la petite clarinette.
ainsi que l’ octavin, n’ont plus été qu’en mi \p.
Petite Clarinette.
en mi b.
gva WW
gva
Sons I .
Octavin j-
Sons L
IIP— B
correspondanls, H
en mi b, I
<:un i vyr ^ . r
F.cs clarinettes ordinaires, au diapason de stb, sont remarquablement plus douces qu’à celui d’?U; le limbrc des trompettes et des cors en mi\? a bien moins d’éclat que celui de fa; les autres instruments à vent participent aussi de cet effet assombri que donnent les diapasons abaissés, ainsi que les modes à deux, trois et quatre bémols majeurs et mineurs (A).
C’est à l’opbycléide que le basson doit d’avoir été exclu des musiques militaires; et de cette exclusion l'ésultent des consé([uenccs assez graves contre les intérêts de l’art : 1° On se prive d’un timbre qui se marie bien à ceux des instruments à anebes plus aigus, qu’il soutient sans les couvrir, outre qu’il semble être inhérent à leur réunion. 2" Par l’effet de ce même timbre, et malgré l’identité de diapason, le basson paraîtrait faire une partie intermédiaire entre les clarinettes et les opbycléides; car, nous ii’entendons pas exclure ceux-ci, quoique les derniers venus. 3° S’il plaît au compositeur de donner momentanément une phrase de chant à la partie supérieure, ou d’écrire de ces basses légères, en notes saccadées, en arpèges, en traits, en gammes rapides, le basson saura se plier à toutes ces exigences, tandis que l’ophycléide, dans les mêmes circonstances, ne fera sentir que sa lourdeur, sa rudesse, sa matérialité (lî). 4° Les musi(jues des régiments, d’où sortirent en 1790 la plupart de nos maîtres, premiers professeurs au Conservatoire (C, en même temps qu’ils étaient des pépinières de hautboïstes et de bassonistes, offraient une ressource à ceux (jui se livraient à l’étude de ces instruments indispensables dans les orchestres, où tous ceux qui les jouent ne pouvaient trouver place. 5" Leur nombre diminue de jour en jour, et l’on sentira bientôt peut-être les résultats de cette légèreté imprévoyante avec laquelle on a écarté des musiques militaires deux instruments aussi précieux que le hautbois et le basson (C) .
En revanche, on a eu la bizarre idée de faire fabriquer, pour les mêmes corps de musique, des octavins et des petites clarinettes en cuivre, qui ont l)ien l’étendue et le diapason voulus, mais dont les sons durs et aigres ne [)articipenl que trop du métal qui les donne, outre que leur justesse n’est guère plus satisfaisante <[ue leur timbre n’est flatteur.
Puisc[u’il a été parlé du liiujle, on doit dire que son étendue est de deux octaves et une seconde mineure.
Sa notation d’usage, c’est-à-dire qui fait éviter l’emploi de deux clefs, est la suivante ;
mais le diapason de ces deux notes et de leurs intermédiaires doit se concevoir à l’octave inférieure.
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