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CHAPITRE XXm

UE 1/ACCORU UES INSTIUIMENTS.

C’est encore le chef d’orchestre qui préside à l’accord des instruments.

Le son unique, d’a[)rès lequel on prend cet accord, est le la. 11 a été choisi de préférence a tout autre son pour deux raisons : 1° parce (pie, au diapason ordinaire et commun, il est en général la note la plus grave des voix de basse, et la plus aiguë des voix de dessus, parmi les choristes. Plus haut, celles-ci crient; plus bas, celles-là deviennent sourdes ; 2” parce que cette même note est donnée à vide sur le violon, l’alto, le violoncelle et la contre-basse.

Une petite fourche d’acier, qu’on appelle diapason, fournit ce la, lequel ne peut varier que très insensiblement, et par le seul fait de la température : il montera par le froid c[ui condense les corps; il baissera par la chaleur qui les dilate; mais, encore une fois, la différence sera trop minime pour ipie l’on doive en tenir compte. D’ailleurs, les mômes causes produisant des effets semblables sur les cordes sonores, celles-ci sont toujours disposées à se mettre en équilibre avec le diapason (i).

Il n’en est pas de même avec les instruments à vent, soit de bois, soit de cuivre, et sur lesijuels la température agit en sens inverse. Aussi a-t-il fallu leur donner des moyens particuliers de hausser ou de baisser leur étendue générale, de façon à se mettre à l’unisson des précédents. Pour ceux de cuivre, ce sont des coulisses d'accord, avec lestpielles on l'accourcit ou l’on allonge l’instrument selon le besoin. Dans ceux de bois, ce sont les pièces, les compartiments même de l’instrument que l’on rapproche ou que l’on écarte.

Le diapason a été altéré plus d’une fois dans son degré d’élévation, et toujours il a tendu à s’élever davantage (A). Celui qu’on avait du temps de Gluck était très-certainement plus bas qu’il n’est de nos jours, ce qui explique pourquoi ses rôles paraissent écrits trop haut. Gluck ne pouvait faire cette faute. Le diapason qui servait à l’Opéra-Comique, et ({ue nous possédons depuis 1800, est d’un demi-ton au-dessous du diapason moyen d’aujourd’hui; car celui-ci n’est pas précisément le même à la chapelle, dans nos théâtres lyriques et à la Société des Concerts, (pielque minime que soit la différence. Au surplus, depuis que l’on s’est persuadé que l’exécution aurait d’autant plus de brillani que l’accord général serait plus élevé, le diapason a disparu ; le chef, dépossédé de son droit, ne prend plus le la de la fourche d’acier; il le reçoit du hautbois, pour le transmettre à tout le reste de l’orchestre. Si les clarinettes et les bassons, si les cors et trompettes ne peuvent atteindre ce la, ainsi que cela est arrivé plus d’une fois, on fait couper les coulisses des instruments de cuivre, ce qui équivaut à les gâter, à les rendre faux, en leur ôtant leurs proportions. On a môme été, et nous l’avons vu, jusqu’à renouveler tous les instruments à vent. C’est avec de telles condescendances pour des artistes qui ont su se rendre intluents, que l’on use de bonne heure les voix les mieux constituées; que l’on fatigue outre mesure les instruments à vent, et (jue les instruments à cordes sont plus criards qu’ils ne sont brillants (2).

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