PREFACE
L’enseignement pratique de la Musique, sans les secours réunis d’un maître, de livres ad hoc et des moyens employés communément, serait un projet chimérique, une absurdité manifeste. Aussi n’est-il question, dans ce livre, que de la Théorie rmmcale, et des exemples élémentaires propres à appuyer les préceptes donnés, et faire d’autant mieux comprendre cette théorie. Nous n’avons pas eu d’autre prétention. Mais, j)our celle-ci, nous la croyons fondée, autant qu’a dû l’étrechez tous les auteurs de manuels d’art, de science ou de métier, la certitude d’écrire utilement pour les hommes d’étude en général, aussi bien que pour les hommes spéciaux en particulier ; et personne, que nous sachions, n’a mis en doute l’efficamté de ces ouvrages, dont le notre a pris à peu prés la forme.
Si néanmoins on demandait pour ce dernier une sorte de garantie de ce qu’il aura de profitable à qui s’en servira; s’il fallait persuader aux plus incrédules qu’on ne leur avance rien que devrai, d’incontestable, et que justifieront les essais que l’on fera de notre livre, nous nous bornerions à la simple exposition de nos procédés, la jugeant susceptible de porter la conviction dans tous les esprits.
Et, d’abord, on reconnaîtra comme indubitable que, sur un instrument à sons fixes, le piano, par exemple, il suffit d’en frapper les touebes pour faire résonner les eordes eorrespondantes, et qu’ainsi chacun est apte à tirer des sons d’un piano.
Or, si l’on présente au lecteur une image du clavier conforme à celui d’un piano ordinaire ; si l’on numérote ses touches, et, qu’en outre, l’on marque cbaeune d’elles du nom que la pratique lui assigne ; si, de plus, le lecteur reproduit ou suppose les mêmes noms et cbilïres sur l’instrument qu’il aura dû se procurer, ne lui deviendra-t-il pas facile, après cette opération préliminaire, de concevoir les démonstrations par lesquelles nous finitions successivement : 1° à l’effet et au diapason des sons, en tant qu’ils sont graves, aigus ou intermédiaires à différents degrés; 2'’ à l’ordre dans le([uel ils se succèdent pour la construction de ce qu’on appelle gamme majeure, gamme mineure, genre dialonixiue, genre chromatique, ces éléments de toute mélodie; 3“ au rapport des memes sons conjoints ou disjoints, quant aux intervalles qui les séparent; et aux im-
sait, (le rendre de nouveaux services dans une ou deux autres spécialités du même art, et nous l’avons entrepris. Puissions-nous n’étre pas resté au-dessous de notre tâche.