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(A) Le jiraticien remarquera que nous n’adoptons pas sans restrictions certaines expressions consacrées dans les livres élémentaires. La langue musicale est pauvre; ses mots techniques, souvent impropres et équivoques, présentent parfois une double, une triple signification. C’est poimiuoi, dans plusieurs parties de cet ouvrage, nous avons tâché de faire ressortir les défauts de la terminologie musicale, en montrant la confusion et l’embarras qui résultent d’un même mot entendu dans diverses acceptions.
Il nous a semblé qu’on mettrait fin à ces embarras en ramenant chacun de ces mots à sa signification essentielle, et en ne l’employant que dans le sens de cette signification unique.
Ainsi, dans ce livre, le mot Gamme remplace celui de Ton, lorsqu’il s’agit d’indiquer le point de départ d’une échelle ou série de sons quelconques, comme gamme de sol^ de reet de si b, etc. Nous n’appliquons le terme si expressif de Mode qu’à la manière d’ôtre, majeure ou mineure^ d’une gamme désignée. Modalité exprime l’effet particulier, l’impression différente de chacun des deux modes; et, s’il en était besoin, nous appellerions Intervalles MODAUX la tierce et la sixte, dont la nature, pareillement majeure onmineure, constitue les modes de même espèce. Enfin, le mot Modale, dont l’utilité se fait sentir quelquefois, se dira du premier degré d’une gamme prinpale ou initiale d). l’ar là, à la vérité, les termes de Tonique, de Tonalité, d’iNTERVALLESTONALs, et quelques autres, se trouvent supprimés; mais on doit sentir qu’ils n’étaient que des dérivés du mot ton, pris dans une mauvaise acception.
Lorsque ce dernier désigne un intervalle, il (,loit être conservé, sa signification alors étant convenable; encore n’est-i! pas indispensable, comme on le fera voir; mais si le mot Son peut lui être substitué avantageusement, dans le sens par lequel on fait signifier au mot ton une Note, un son quelconque, pourquoi ne ferait-on pas cette substitution? (2).
Enfin, nous ne confondons pas davantage les mots Etendue et Diapason, ainsi qu’on Ta fait dans quelques méthodes et vocabulaires de musique ; car, si le premier se conçoit tout d’abord comme la somme des sons que parcourt une voix ou un instrument, le deuxième a pour seul et vrai sens de signifier le degré d’élévation ou d’abaissement d’un son, d’une série de sons, ou même de ce qu’on appelle Clefs, dont l’office, on le sait, est de placer au grave ou à l’aigu, ou bien entre les deux, tous les sons compris dans la Portée, soit par la figure de ces clefs, soit par leurs positions.
En arrêtant ainsi la signification exacte des principaux termes techniques de la musique, les démonstrations deviennent d’autant plus faciles et compréhensibles; outre que tout le monde s’entend, parce qu’il n’y a plus d’étiuivoques, de contradictions, d’emploi multiple du môme mot.
Ce n’est donc point par singularité, par esprit d’opposition ou de système que nous avons cru devoir apporter ces changements à la terminologie musicale, sans nous flatter pourtant qu’ils seront adoptés par les praticiens, tant l’habitude a d’empire sur les hommes.
N. fi. ün a renvoyé à la fin des chapitres les notes trop étendues pour être écrites au.bas des jiages. Celles-ci sont indiquées par des chiffres, celles-là par des lettres capitales. Les unes et les autres sont explicatives, historiques, anecdotiques quelquefois, mais toujours instructives.
(1) Ces mots, au surplus, ne sont pas nouveaux. Perneel d’autres Ihécricicns les ont employés avant nous.
(,2) Nous faisons observer dans notre ouvrage inlilulé : Nouveau Traité théorique et pratique des Accords, (pie les mois ton et demi-ton sont bien moins significalifs et explicites cpie ceux de seconde majeure et seconde mineure, lesquels commencent la série de tous les intervalles usités, dont cbacun, ainsi ipie les précédents, ne prend son nom que du nombre de degrés qu’il embrasse.