‹ Le professeur de musiqueChapitre 49 sur 174 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

ou SUPPLÉMENT AU CHAPITRE X, SUR LE GENRE ET LA GAMME CHROMATIQUES.

Le genre chromatûjue n’csl usité que passagèrement, pour varier, pour colorer le genre diatonùiue. Sa gamme meme, avec ses treize sons ou ses douze demi-tons, n’est en réalité qu’une gamme diatonique modifiée par des altérations. Par elle-même, la gamme chromatique n’est rien; car elle n’a pas de repos, pas de résolution forcée, pas d’unité; et scs sons ne peuvent, comme ceux de la gamme diatonique, servir à la confection d’une mélodie raisonnable. Mais en s’y introduisant, en s’y glissant ils en adoucissent l’expression ; ils tendent même à l’amollir, à l’énerver, surtout quand le mode est majeur. Aussi le chromatique semble-t-il être mieux à sa place dans le mode mineur, dont il rend l’expression d’autant plus dilTérente de l’autre mode, d’autant plus propre au style pathétique.

(1) I.’un (les plus célèbres composileurs (le notre cpo(iue, M. Rossini, a beaucoup et toujours heureusement usé de cette modulation; mais ses imitateurs n’ayant pas manqué d’en abuser, elle est devenue banale.

Ce ciiangement d’expression, si frappant dans les deux cas, provient évidemment du mélange des demi-tons artificiels, ainsi que des intervalles modifiés du genre chromatique, en opposition avec les demi-tons naturels et les intervalles simples et francs du genre diatonique. [Voir le n° 2 du septième Tableau.)

Dans la gamme cliromaticiue il n’y a que des demi-tons, lesquels existent plutôt entre deux notes au môme degré qu’entre deux degrés düTérents à un demi-ton l’un de l’autre. Telle est même, a-t-on déjà dit, la ditîérence du demi-ton chromatique au demi-ton diatonique. (Voir le 11° 3 du septième Tableau.)

Quant aux gammes chromati([ues ascendantes ou descendantes, avec plus ou moins d’étendue, on a fait voir que le choix du signe altéialif était à peu près arbitraire. On les écrit donc indifféremment comme aux exemples 4, 5 ou 6 du septième Tableau, mais non à la manière du n° 7, quoique cela semble revenir au même sous le rapport des sons i)roduits.

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