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4° Deuxième exemple d’un rhythme imitatif, dans l’ouverture A' Ârmide, par Gluck.
Les symphonies d’Haydn présentent souvent de ces mélodies dont le rhythme, suivi et bien marrpié, frappe et attache l’auditeur. Les œuvres lyricjues de ses contemporains et de ses successeurs renferment aussi de ces dessins mélodiciues rhythmés d’un intérêt particulier, sur lesquels sont établis des chants (jui, pris à part, sont parfois assez vagues, mais qui suffisent alors aux exigences de la scène, surtout dans les finales, les chœurs, les morceaux d’ensemble (B).
L(‘ double dessin du quartetto de Cimarosa s’étend à (piatre-vingts mesures, sauf quelques autres dessins non rhythmés et fort courts, placés çà et là, soit pour reposer un instant des dessins principaux, soit pour amener des cadences ou de nouvelles modulations, soit enfin parce que le sens des paroles l’exige. Ici, où l’on a un a parte continuel entre les quatre personnages, animés chacun d’un sentiment difiérent, un chant suivi, une mélodie soutenue n’aurait pas été convenable.
Quant aux fragments des ouvertures citées, on y voit à la fois une double imitation: dans la première, ce sont les glapissements de la meute et le galop des chevaux , avee une mélodie supérieure. Dans la deuxième, ce même galop est plus précipité , en même temps (jue le dessin en est autrement conçu ; et le premier violon semble exprimer les plaintes d’Armide, ([ui voit fuir celui que les chevaliers arrachent à ses .séductions. Du moins peut-on croire que telle a été l’intention de l’auteur.
On dira plus tard comment l’on doit entendre l’esprit d’une ouverture en général.
Le ràyi/i me est si naturel à l’homme, qu’il l’observe, qu’il en invente môme dans plusieurs professions manuelles, soit pour diminuer la fatigue ou l’ennui d’un travail monotone , soit pour y mettre plus de régularité. Ainsi, sans parler des forgerons qui, dit-on, donnèrent à Pythagore l’idée du rhythme, on aura pu remarquer que eeux qui tamisent sur les bords d’un mortier certaines substances végétales ou minérales, observent assez volontiers le rhythme que voici :
etc.
Pour la construction des périodes , des phrases et membres de phrases musicales , les rhythmés sont de 2, de 3, de 4, de 5, de 6 et de 8 mesures (t). Ceux de 3 et de 5 se répètent, afin d’obtenir ce qu’on appelle la carrure des phrases : une phrase qui n’est pas carrée choque l’oreille d’un musicien, autant qu’un vers boiteux blesse celle du poète.
Dans les mouvements lents, le rhyHnne de quatre mesures serait quelquefois diffieile à saisir, s’il n’était divisé par deux fois deux, au moyen d’une cadence faible. C’est par le même procédé que l’on divise ceux de six et de huit mesures, l’un par deux fois trois ou trois fois deux, l’autre par deux fois quatre ou quatre fois deux , ou bien encore par deux fois deux et une fois quatre, et vice versa.
Quant au rhythme de sept mesures, il ne peut être admis, dit Reicha, « par la raison qu’on ne peut le diviser (( ni en deux ni en trois parties égales, condition essentielle des rhythmés qui dépassent cinq mesures. Enfin « ces diflérents rhythmés s’entremêlent, mais il faut toujours que la symétrie y soit observée. » (I oir le Traite de Mélodie de Reicha, à la bibliothèque du Conservatoire.)
(1) Kn tant (lu’il s’agit de mesure îmisicule , riijthme est synonyme de nombre, pat ce (jne là, comme dans lj.s dessins et \alems de notes, il y a proportion , symétrie , retour périodique de (pianlilés semblables.
HOTES DE CHAPITRE HHWIl.
(A) Composés pour les fifres, compagnons inséparables des tambours dans les gardes françaises de Louis XV et de Louis XVI, ces airs furent bientôt arrangés pour les grandes musiques des mêmes régiments, d’où ils se répandirent dans les autres corps de l’armée.
Les chants propres aux marches et pas redoublés pouvaient être multipliés à l’infini 5 mais les autres devaient rester stables. Et, de fait, ils n’avaient éprouvés aucuns changements à l’époque de la Révolution de 89. Peu à peu, ils furent négligés sous la République, et se perdirent tout à fait sous l’Empire, par la suppression des fifres. Les tambours seuls conservèrent leurs batteries, dont quelques-unes s’entendent encore dans les aubades qu’ils donnent à leurs supérieurs (O.
D’ailleurs, le brillant, l’éclat, l’enthousiasme dominaient toujours dans les chants de guerre composés par •Michel Guebauer (2), chef de musique de t’anciennegarde impériale. Quels changements depuis! Et pour ceux qui ont la mémoire du passé, combien nos musiques militaires paraissent aujourd’hui tristes, sourdes et monotones ! Nous en dirons les raisons, du moins celles qui tiennent à l’art.
(R) Dans l’exemple rhythmé d’Haydn, la période se compose d’un seul dessin de notes, répété de deux en deux mesures , mais toujours avec de nouveaux sons pris de la même gamme. Cette période est divisée comme il suit : deuxième mesure , cadence affaiblie sur le premier degré de la gamme , attendu que ce premier degré se lie avec le cinquième au lieu de rester en place, ce qui ne fait sentir qu’un membre de phrase. A la quatrième mesure, la cadence est imparfaite, ayant lieu sur l’accord du cinquième degré, et donne une phrase entière. Sixième mesure, cadence affaiblie sur l’accord du premier degré. Dixième mesure, modulation passagère à la gamme mineure du deuxième degré, et retour subit au cinquième, avec cadence imparfaite à la douzième mesure. Quatorzième mesure : cadence affaiblie sur l’accord du premier degrés. Seizième mesure, cadence parfaite sur le même accord, pour terminer la période.
En général, le premier dessin mélodique, quel que soit le nombre de ses mesures, n’offre presque toujours qu’un sens inachevé, lequel a besoin d’une suite, d’un complément. 11 faut donc qu’un second dessin ou membre de phrase, d’un pareil nombre de mesures, succède au premier, et reçoive une cadence plus déterminée, si eîle n’est pas encore concluante. Alors il y a carrure, le sens est achevé, l’oreille et le sentiment sont satisfaits.
II arrive pourtant que deux membres successifs de quatre mesures chacun ne présentent en réalité que sept mesures, parce qu’il y a enjambement ; c’est-à-dire que la quatrième mesure du dessin initial devient en même temps la première du dessin final.
Exemple :
1“ mesure.
Dessin initial.
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Dessin final.
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Quoique le rhythme de cette courte période soit réellement de sept mesures, il n’en produit pas moins l’effet d’une période de huit, par la raison que le conséquent est égal en nombre à l’antécédent, celui-ci étant achevé au la du temps fort de la quatrième mesure, laquelle reçoit une cadence affaiblie, et commence le dessin final.
D’autres fois , c’est en renfermant, par supposition , deux mesures brèves en une seule mesure double de la première, que l’on retrouve la carrure d’une période , c’est-à-dire un rhythme de mesures en nombre pair au lieu de celui qui paraissait être d’un nombre impair, inadmissible.
(1) Ces airs rhytiimés sur les batteries du tambour se voient, servant d’entracte, pages 101 et 102 de la partition d’un opéra de Sîartini le moderne (Sclnvarzdorf), intitulé: Ilenri IV, drame lyrique, représenté à Paris en 1771.
(2) lUort, ainsi que plusieurs lauréats du Conservatoire, dans la première campagne de Russie.