DU TRILLE
Le Trille est un agrément composé de deux sons à un degré de distance l’un de l’autre, lesquels doivent se succéder avec rapidité.
Le premier de ces sons, l’inférieur, sur lequel se fait le trille, est seul écrit; le deuxième, le supérieur, est supposé; mais l’un et l’autre sont indiqués par les deux premières lettres du mot {tr), placées au-dessus de la note qui reçoit le trille.
Quand l’étendue à donner au trille est laissée à la volonté du musicien, il l’exécute en articulant les deux notes alternativement, avec légèreté, dans un mouvement d’abord modéré, puis qu’il accélère peu à peu, mais sans dépasser de certaines limites : trop lent, le trille est sans effet ; trop rapide , il ressemble à un chevrottement. C’est le défaut de ceux qui n’ont pas mis à son étude le temps et les soins que réclame cet agrément.
Les deux sons du trille font seconde mineure ou majeure, selon le degré de la gamme sur lequel il a lieu, que ce degré soit ou ne soit pas altéré; car tous les sons d’une gamme diatonique ou chromatique sont susceptibles de recevoir le trille (B).
Cet ornement, avec toute l’étendue qu’on peut lui donner, a lieu principalement à la cadence parfaite et linale des grands morceaux de chant appelés Airs de bravoure {aria di bravoura), ainsi qu’à la terminaison des deux premiers morceaux du Concerto instrumental, où il termine le point d’orgue d’obligation. C’est alors le deuxième degré de la gamme initiale qui reçoit le trille, et ce degré est ordinairement précédé du premier, du troisième ou du cinquième de la même gamme. {Voir le n° 14 du dixième Tableau.)
Les deux ou trois notes minuscules, ajoutées à celle qui reçoit l’agrément, s’appellent terminaison du trille. Il y a plusieurs façons de le terminer, de même qu’il y a différents moyens de l’amener, qu’on nomme
(1) Ce mot vient de l’ilalien Trillo, fredon, Trillare, fredonner. Pour se conformer à la prononciation italienne qui n’a pas d’/< mouillées, nous devons arliculer celles du mol Trilk comme dans vi le, mille, Lille, etc.
préparation du trille. Les unes et les autres s’écrivent en minuscules beaucoup plus souvent qu’en majuscules. (N° 15 du dixième Tableau.)
Quand le trille est pratiqué sur chacun des sons d’une série de degrés conjoints, ascendants ou descendants, on l’écrit et on l’exécute comme au n° 16 du dixième Tableau.
Souvent on rencontre le trille placé sur des notes de courte durée ; dans ce cas, on l’attaque précipitamment. En voici des exemples, avec quekiues variétés dans la manière de l’écrire et dans celle de l’exécuter. (Foir n" 17 du dixième Tableau, lettres a, h, c et d.)
SECTION VII